Adoptée sous le règne du maire Marcel Marchand, cette résolution avait été entérinée à l’unanimité par tous les conseillers, y compris Jean-Robert Barnes. Le maire actuel de Champlain ne s’en cache pas: le contexte de 2008 n’a rien à voir avec le débat qui fait rage aujourd’hui. «On parlait à l’époque de gaz naturel et il n’y avait pas de manifestants, rappelle-t-il. Et il n’était surtout pas question de causer des dommages à l’environnement. C’est certain qu’avec ce que l’on sait maintenant, on referait nos devoirs autrement si ça se représentait», admet M. Barnes.
Toujours en juin 2008, le MDDEP (ministère du Développement durable, de l’Environnements et des Parcs) accordait un certificat d’autorisation à Forest Oil pour aménager une prise d’eau temporaire dans le fleuve Saint-Laurent et installer une torchère sur l’un de ses puits à Champlain.
L’eau est un élément essentiel dans l’exploitation des gaz de schiste puisqu’une fois le puits foré, on doit y injecter sous haute pression des millions de gallons d'eau, de sable et de produits chimiques dont la composition est un secret commercial. La pression fracture la couche de schiste et y crée des fissures qui permettent au gaz naturel de s'écouler.
Sans grands bruits à l’époque, ces eaux usées provenant des puits de Forest Oil ont éventuellement été transportées dans les bassins d’épuration de la Ville de Trois-Rivières, dans le secteur Sainte-Marthe-du-Cap, situés à quelques kilomètres de Champlain.
Émanation de méthane
Fait inquiétant, lors des audiences du BAPE sur les gaz de schiste l’automne dernier, le MRNF (ministère des Ressources naturelles et de la Faune) révélait que le puits Champlain no 1 était l’un des dix-neuf au Québec où avaient été observés des problèmes «d'émanations de méthane, autant au niveau de l'évent (concentration de 5%) qu'à la base de la tête de puits (0,5%)».
Le 19 juin prochain, l’autorisation émise par le CPTAQ prendra fin et Forest Oil devra d’ici là, à moins de soumettre une nouvelle demande, redonner sa vocation agricole au site. Entre autres recommandation, le CPTAQ mentionne l’obligation lorsque le puits sera abandonné de couper à «deux mètres de profondeur le tubage, après avoir cimenté ce dernier.»
Selon le maire Barnes qui en avait discuter l’automne dernier avec André Caillé, porte-parole de l’industrie gazière à l’époque – il a depuis été remplacé par l’ex-premier ministre Lucien Bouchard – les puits de Champlain n’auraient pas suffisamment de potentiel pour qu’ils puissent un jour entrer dans l’ultime étape de l’exploitation.
Une histoire à suivre…
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