L’histoire remonte au 22 mars dernier. Lors d’une patrouille, les agents de la Sûreté du Québec ont aperçu une borne-fontaine complètement arrachée sur la rue Saint-Gabriel. Un peu plus loin sur cette même rue, ils ont découvert un camion accidenté dans l’allée d’une résidence.
Selon le policier appelé à témoigner, Réjean Thiffault et son employé entraient alors dans la maison. Les agents ont sonné, puis on leur a ouvert la porte. Il est environ deux heures du matin et tout le monde est bien réveillé.
L’accusé dégage une forte odeur de boisson, a des pertes d’équilibre et devient agressif par moment. Les policiers lui ont demandé qui a conduit le camion et l’homme de 51 ans aurait répondu qu’il n’avait aucune idée comment le camion a pu aboutir à cet endroit.
Il demandera finalement à ce qu’une plainte pour vol soit remplie. Les policiers lui refuseront cette demande en affirmant que son état (alcool) est trop avancé pour réaliser pareil rapport et que s’il le souhaite toujours, une plainte pourrait être rédigée le lendemain matin.
Tout pointe en sa direction
Selon l’agent de police, Réjean Thiffault et personne d’autre n’a pu conduire ce camion. Les traces de pas dans la neige concordent avec la semelle de ses bottes.
Une analyse de peinture a été effectuée (les résultats sont toujours attendus) mais de la peinture de la même couleur que le camion a été retrouvé sur la borne-fontaine.
Un lourd passé
Réjean Thiffault en est déjà à une septième accusation de conduite avec les facultés affaiblies. Par le passé, on lui a également reproché à cinq occasions de conduire malgré une interdiction (permis révoqué) et une fois d’avoir refusé de se soumettre à un test d’ivressomètre.
En 2008, la juge Guylaine Tremblay (devant qui il faisait face à nouveau hier) l’avait condamné à 25 mois de prison pour conduite avec les facultés affaiblies causant des lésions. On lui avait retiré son droit de conduire pour une période de six ans en plus de saisir son véhicule.
Un trouble mental
Évalué à l’hôpital Sainte-Thérèse de Shawinigan, Réjean Thiffault prend désormais des médicaments pour contrôler une maladie mentale.
Son avocat, Me Alain Blanchard entend donc se servir de cet argument pour avancer que son client était alors non criminellement responsable de ses actes. Si tel est le cas, la couronne entend demander une contre-expertise.

