Après Smurfit-Stone, voilà que les yeux sont tournés vers Abitibi Bowater, un géant du domaine de la foresterie qui menace maintenant de plier les genoux devant la précarité de sa situation financière. Abitibi-Consolidated, qui s’était mariée avec Bowater il y a maintenant un peu plus de deux ans, un mariage de raison, allait donner naissance au troisième groupe du secteur papetier en Amérique du Nord, avec un chiffre d'affaires annuel de près de 8 milliards de dollars américains.
C’est ce qu’on annonçait à l’époque avec une certitude, ou à tout le moins un espoir que la vapeur allait se renverser. C’était sans doute sans compter sur les mois difficiles qui ont suivi et qui ont conduit, non seulement Abitibi, mais toute l’industrie forestière dans une torpeur qu’on n’a jamais vue jusqu’à présent. Plusieurs comparent la crise actuelle aux événements de 1929, en terme de gravité. Ce n’est pas peu dire.
Quant à Abitibi, ses négociations en vue de refinancer la dette de 1,8 milliard de sa filiale Bowater, irait bon train. C’est ce qu’on apprenait vendredi, alors qu’on avait que la papetière avait jusqu’à 17 h pour conclure une entente. Mais avant de mettre sous presse, il ressortait peu de détails de cette séance de négociation. Puisque toute annonce quant au résultat des négociations ne devait être faite que plus tard. La date butoir, pour le refinancement de la dette, a été repoussée trois fois, selon ce que rapportaient les médias nationaux.
Ce n’est pas tout. Cyberpresse rapportait que l’entreprise va aussi essayer de refinancer 2,4 milliards d’une dette de sa filiale Abitibi-Consolidated. Un autre exercice que les médias ne manqueront pas de relier à la mauvaise situation économique.
Que vous soyez concerné ou non par les malheurs financiers de l’entreprise, vous êtes certainement du nombre de ceux qui retiennent leur souffle face aux événements présents par geste de sympathie envers les travailleurs de Rivière-aux-Rats.
D’autant plus que les travailleurs de l’usine de Rivière-aux-Rats, ont longuement écopé de cette crise, eux qui ont passé l’hiver en arrêt de travail, soit depuis la mi-décembre. Ce n’est pas leur premier arrêt de travail, mais une reprise de l’économie serait amplement méritée pour ces gens.
Les yeux sur AbitibiBowater
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