Nos rivières et nos chutes conservées dans leur état naturel peuvent devenir d’importants leviers économiques, la source d’un développement beaucoup plus harmonieux, désirable et durable en les utilisant pour faire du développement écotouristique.
Et si justement on regarde ce Programme de petites centrales hydroélectriques de 50MW et moins au niveau des critères du Développement durable, on se rend compte que ce programme contrevient à beaucoup de principes de la Loi sur le Développement durable :
Dans le principe no 1, Santé et Qualité de vie, on nous dit: «Les personnes ont droit à une vie saine et productive, en harmonie avec la nature.» Nous ne croyons pas que du béton et des gros ballons de caoutchouc au milieu de nos rivières soient très en harmonie avec la nature. Pas plus que l’assèchement périodique d’une partie de celles-ci et l’inondation de d’autres parties, surtout quand c’est situé dans le cœur d’un village comme chez nous.
Il est fait mention au principe 3 de «Protection de la nature et au principe 7 de Protection du patrimoine culturel». Un barrage sur une rivière implique l’altération irréversible du site et la perte d’un patrimoine culturel et naturel inestimable. Actuellement on retrouve de plus en plus la notion de paysage patrimonial et un peu partout au Québec on s’affaire à conserver ces endroits. D’ailleurs le Ministère de la Culture et des Communications a tenu récemment une consultation publique sur la protection des biens culturels et veut y inclure la notion de «Paysage patrimonial.» Chute libre y a d’ailleurs déposé un mémoire.
Un site comme le Parc des chutes à Notre-Dame-de-Montauban a avantage à être utilisé comme source de développement écotouristique dans la région. Ainsi, les générations présentes et futures pourront profiter de leurs beautés naturelles tout en s’enrichissant avec les retombées économiques issues de l’écotourisme qui est l’activité économique qui représente un des plus haut taux de croissance à l’échelle mondiale.
Au chapitre de l’Efficacité économique, une petite centrale ne produirait que quelques mégawatts, une quantité insignifiante par rapport à la production actuelle de près de 40 000 MW. Pour les besoins en énergie, il faut favoriser l’efficacité énergétique, l’éolien, le solaire, la géothermie, qui s’inscrivent parfaitement dans le cadre du Développement durable.
Au niveau du principe de Participation et d’engagement, ces projets n’ont fait que créer discorde et division dans les communautés où ils ont été présentés. Nous avons vécu ces problèmes dans notre village lors de la consultation de 2002 et nous subissons encore les suites de cette division. Nous n’avons aucune envie de les revivre. Pourtant on vient à nouveau de vivre cette situation en mars 2010. De plus le processus de consultation utilisé dans notre municipalité ne favorisait pas la prise de décision réfléchie et éclairée : soirée d’information un soir et signature de registre le lendemain, sur le projet le plus important de l’histoire du village. Assez expéditif! Et en faisant cela la semaine, on excluait pratiquement nos jeunes qui étudient en ville, nos travailleurs à l’extérieur et les villégiateurs qui paient environ 50% des taxes.
Le principe de Précaution nous amène à dire que lorsqu’il y a risque de dommage grave ou irréversible, comme dans le cas d’un barrage, il vaut mieux s’abstenir. Il ne faut pas faire avec nos rivières et nos chutes comme on a fait avec nos forêts, les morues et bien d’autres ressources naturelles. Il faut protéger ces endroits surtout lorsqu’ils sont sauvages et accessibles comme l’est le Parc des Chutes sur la rivière Batiscan à Notre-Dame-de-Montauban et où les gens viennent et reviennent pour profiter du contact avec la nature.
Vous pouvez donc constater que votre programme de petites centrales hydroélectriques de moins de 50 MW n’est pas du développement durable.
Nous croyons que ce genre de projet n’est pas vraiment souhaitable et souhaité sur notre territoire. Il est temps plutôt de se tourner vers un développement plus harmonieux et plus respectueux de notre environnement et des citoyens, en accord avec les principes de Développement durable. Nous espérons de tout cœur que c’est cette voie que vous privilégierez pour nous tous et les générations futures en abandonnant à tout jamais ce Programme de petites centrales hydroélectriques de moins de 50 MW, notamment sur les sites naturels vierges tel que le nôtre. Pour Chute libre
Jean Jasmin, président
N-D-de-Montauban
chutelibre@xittel.ca
C.c :
Mme Nathalie Normandeau, ministre des Ressources naturelles
Mme Julie Boulet, ministre responsable de la Mauricie
M. Michel Matte, député de Portneuf
M. Sylvain Gaudreau député de Jonquière
M. Amir Khadir, député de Mercier
MRC Mékinac
Municipalité de Notre-Dame-de-Montauban
Municipalité de Lac-aux-Sables
Municipalité de Ste-Thècle
Municipalité de St-Adelphe
Municipalité de St-Tite
Municipalité de St-Séverin
Municipalité de Hérouxville
Municipalité de Trois-Rives
Municipalité de Grandes-Piles
Municipalité de St-Roch de Mékinac