J’étais l’intrus. La fille qui n’avait jamais pêché. Même pas à la ligne. Encore moins sur la glace.
Je ne savais pas à quoi m’attendre, mis à part des moments de plaisir, car tout le monde me l’avait assuré: «Sur la glace à Sainte-Anne, plaisir garanti!»
Nous nous sommes installées, les trois, dans une cabane… Nous étions chez les plus jeunes pourvoyeurs de Sainte-Anne-de-la-Pérade, au Centre de pêche Gérard Mailhot, où les propriétaires Guillaume Lafontaine et Steve Gendron nous ont accueillis pour l’après-midi.
On a tiré environ six lignes à l’eau. Les deux habituées qui se trouvaient à mes côtés y allaient de leurs conseils. «Le foie ne doit pas être trop congelé, car c’est le sang qui attire les poissons, mais il ne doit pas rester trop longtemps dans l’eau non plus.» «Quand la ligne bouge, tu tires d’un coup sec.» «Tiens le poisson par les branchies pour ne pas qu’il bouge.»
Trop d’informations pour moi en même temps. Après tout, je n’étais pas née dans une cabane à pêche moi! Contrairement à elles, je n’avais aucun souvenir de mon enfance aux petits poissons des chenaux à partager.
Le premier poisson fut le plus difficile. Gluant un peu. Pas trop. Le tenir assez fort pour qu’il arrête de bouger, tout en pensant à la façon dont je retirerai l’hameçon de sa bouche… trop d’émotions à la fois pour moi!
Par chance, lorsque les poissons étaient trop gros ou encore lorsque l’hameçon était trop coincé dans le petit poulamon, je refilai la bête à l’une ou l’autre de mes acolytes. C’était elles les expérimentées après tout!
La partie de pêche fut des plus agréables. 35 poissons, dont un mastodonte, en à peine 50 minutes. J’étais surprise. Plusieurs de mes connaissances vantaient la rivière Sainte-Anne et les milliers de poulamons qui y circulent chaque hiver. Mais j’étais loin de croire la véracité de leurs histoires de pêche.
Et cette année, les touristes qui viennent à Sainte-Anne-de-la-Pérade sont plus que chanceux. Dame Nature est de leur côté. Aucun redoux n’a été signalé pour la mi-janvier, comme l’année précédente.
Mon histoire de pêche
J’ai pris part la semaine dernière à une vraie partie de pêche aux petits poissons des chenaux. Et j’insiste sur le mot «vraie», puisque nous étions trois filles, aucun gars pour nous venir en aide. En fait, aucun homme ne serait arrivé à la cheville de mes deux acolytes, Josianne Gagnon, directrice générale de l’Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux, et Sandra Jacob, journaliste à L’Écho de Maskinongé, originaire de Sainte-Anne-de-la-Pérade.
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