«J’ai écrit ce livre pour deux raisons: j’ai décidé d’écrire à ma fille, qui s’est avéré une bonne thérapie pour moi, de même que pour aider les autres parents endeuillés par suicide», confiait d’entrée de jeu Gisèle Duhamel.
Le 13 octobre 2005, la fille de Gisèle Duhamel, Patricia, s’enlevait la vie à l’âge de 31 ans.
Un an plus tard, la mère endeuillée entreprend un projet, celui d’écrire à sa fille pour soulager sa souffrance. «Je veux perpétuer la mémoire de ma fille. Elle était une jeune femme très humaine et toujours à l’écoute. Les autres passaient toujours avant elle et je ne veux pas qu’elle soit oubliée», explique Mme Duhamel.
«J’ai donc décidé de continuer ce qu’elle avait commencé. C’est ma façon à moi de la faire survivre et, dans un sens, de cheminer avec elle», ajoute-t-elle.
Deuil, culpabilité, colère, refoulement, les proches des personnes suicidées passent par des émotions nombreuses et fortes. «C’est incroyable toute la culpabilité qui accable les personnes endeuillées par suicide. Ça détruit énormément. On se pose beaucoup de questions, on cherche à comprendre. On se demande si c’est normal qu’on se sente comme ça, que ça fasse si mal, qu’on se sente coupable à ce point-là. On se remet en question», affirme-t-elle avec émotions.
C’est ainsi qu’est né le livre Ton âme, ma compagne, relatant le drame vécu en 2005 et le cheminement accompli à la suite de cette dure épreuve. Gisèle Duhamel a réussi à mettre ses états d’âme sur papier, en regroupant plusieurs émotions par lesquelles elle a dû passer depuis quatre ans, et même encore aujourd’hui.
Déterminée à remonter la pente, Gisèle Duhamel est allée chercher l’aide du Centre de prévention suicide Centre-de-la-Mauricie Mékinac, qu’elle a grandement appréciée.
«Avec mon projet, je veux aussi faire connaître le Centre de prévention suicide, car il apporte un grand soutien aux personnes endeuillées par le suicide d’un proche. Il m’a énormément aidée et c’est ma façon de lui rendre la pareille.»
D’ailleurs, Gisèle Duhamel a lancé son livre Ton âme, ma compagne le 10 septembre dernier, lors de la Journée mondiale de prévention du suicide.
Gisèle Duhamel souhaite maintenant partager son expérience en donnant des conférences sur le deuil. Elle participera à un premier café-rencontre le 14 octobre prochain à La Prairie.
«Le fait que d’autres gens puissent se reconnaître là-dedans, qu’ils puissent reconnaître les émotions qu’ils vivent, peut-être que cela pourra les aider», note-t-elle.
Le livre Ton âme, ma compagne Le suicide de ma fille: mon cheminement vers une vie nouvelle est disponible à la Librairie Matteau de Grand-Mère, chez Clément Morin de Shawinigan et Archambault de Trois-Rivières.
