Président de la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Québec (CCAQ), le Shawiniganais conserve cependant son calme. Les quarante-et-un concessionnaires de la Mauricie ont tout de même écoulé 21 000 véhicules en 2008, soit 14 000 neufs et 7000 usagés. «C'était 18 000 il y a cinq ans!», compare-t-il. En fait, la région suit la courbe ascendante de l'ensemble du Québec où on a enregistré une augmentation des ventes d'environ 7% par rapport à 2007. Taux d'intérêt avantageux et promotions des constructeurs expliquent ces bons résultats qui n'ont pas d'équivalent aux États-Unis note Pierre Vincent.
Pour 2009, l'ensemble des concessionnaires au Canada prévoit vendre 1 500 000 automobiles, soit environ 100 000 de moins que l'année dernière. La Mauricie ne pourra échapper à ce repli indique le propriétaire des concessions Honda et Mazda à Shawinigan et d’Hyundai, à Trois-Rivières.
En fait, tant que l'incertitude entourera le sort des trois grands constructeurs américains, c'est toute l'industrie mondiale qui demeure sur ses gardes. «Honda a toujours réussi dans le passé à annoncer cinq ans à l'avance combien de voitures il allait construire pour répondre aux besoins du marché et il arrivait toujours pile. Là, pour la première fois, les dirigeants sont incapables de faire des projections.»
Pour passer au travers de la crise économique, les concessionnaires automobiles ont demandé aux gouvernements du Québec et du Canada d'abaisser chacun leur taxe de vente de 2% pour une période déterminée. «À cause de la crise, les institutions financières refusent de financer 100% du coût. Ça n'était jamais arrivé auparavant», déplore Pierre Vincent.
Pour une automobile de 30 000$ par exemple, le crédit de taxes équivaudrait à un rabais de 1200$. «Nous attendons le budget fédéral à la fin du mois de janvier pour voir si notre demande a été reçue favorablement.»
De l'eau dans le gaz
L'incertitude plane pour les concessionnaires automobiles en 2009
Pierre Vincent oeuvre dans le domaine de l'automobile depuis près de 40 ans en Mauricie. Il a vécu le choc pétrolier de 1973 qui a relégué momentanément aux oubliettes les gros véhicules énergivores; la quasi-faillite de Chrysler en 1980; l'invasion puis la domination des marques japonaises et coréennes; mais là, il l'avoue, le contexte économique est tellement incertain qu'il a peine à envisager l'année 2009: «On ne voit rien dans la boule de cristal!»
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