«Il faut y aller étape par étape. C'était très décourageant au début. Je courais un kilomètre et j'étais épuisé comme si je venais de courir un long marathon. Cette fatigue se transforme rapidement en fatigue psychologique. Cinq mois plus tard, je vais beaucoup mieux. Il y a encore du progrès à faire, j'ai des hauts et des bas, mais je suis en bonne santé. À vrai dire, mes performances sont meilleures qu'avant mon opération. Je suis plus discipliné, car je veux demeurer en forme, et ça parait dans mes résultats», raconte-t-il.
Théoriquement, Frédéric aurait dû attendre quatre mois avant de reprendre l'entraînement.
«J'avais mal compris les directives (rire). Le 8 juillet, il y a longtemps que mon entraînement était débuté. Heureusement, tout s'est bien déroulé et aujourd'hui j'ai le feu vert de mon médecin pour m'entraîner à mon rythme. Il s'agit seulement d'être à l'écoute de mon corps. Je participerai à la course avec mon frère».
Cinquième au fil d'arrivé à la Classique 2008, Frédéric et Guillaume Blais ne se sont fixé qu'un seul objectif bien précis.
«Le plus important est de garder une bonne chimie avec mon frère. Évidemment, on espère avoir de bons résultats. Nous avons la vitesse pour obtenir des résultats comparables à l'an dernier. Toutefois, la théorie et la pratique sont parfois bien différentes. Je peux terminer une épreuve et être tellement fatigué que je ne pourrai pas prendre le départ le lendemain. Je ne pense pas que ça va arriver, mais c'est une possibilité. À ce moment-là, on se consolera en se disant que nous avons connu une belle saison», poursuivait-il. En fait, les frères Blais se sont classés premiers ou deuxièmes à chacune des épreuves du circuit provincial.
Pour contrer son problème de cœur, Frédéric doit prendre des médicaments qui éclaircissent le sang. Il coagule donc beaucoup moins bien et les blessures sont beaucoup plus longues à guérir.
«Ce qui est le plus dangereux, c'est les hémorragies. Le moindre petit contact est sujet à déclencher un saignement. Ça inquiète un peu tout le monde, évidemment. Lors de mes premiers entraînements, j'avais beaucoup d'appels manqués sur mon cellulaire. Des gens inquiets pour moi. C'est dans les moments comme ceux que j'ai vécu que tu réalises qui sont tes vrais amis, que tu as une bonne famille et une bonne copine. C'est cher payé pour le découvrir.»
Frédéric a toutefois combattu les épreuves une à une et n'a pas perdu de temps à fixer ses objectifs.
«J'étais sur mon lit d'hôpital, peu de temps après mon opération, et je disais à mon frère de se mettre en forme parce que j'avais l'intention de reprendre la rame bientôt. En septembre, je participerai à la Classique de canots et je retournerai sur les bancs de l'université poursuivre mon cours de comptabilité. Honnêtement, c'est la première fois que j'ai hâte de retourner à l'école», a-t-il conclu d'un large sourire.
Pas question d'accrocher sa rame
Frédéric Blais participera à la Classique
Les derniers mois ont été difficiles, mais Frédéric Blais se sent d'attaque pour participer à la Classique internationale de canots de la Mauricie. Cette course, il la savourera plus que jamais. Le 8 mars dernier, l'athlète de 22 ans a subi une embolie cérébrale et a dû être opéré d'urgence pour dissoudre un caillot de sang logé dans le cerveau. Les médecins ont également découvert une malformation cardiaque de naissance qui favorise la formation de ces caillots. L'opération au cerveau a été un franc succès, mais la convalescence est difficile.
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