Le principal motif pourquoi Québec avait décidé, à la fin des années 90, d’augmenter les taxes sur le tabac était pour dissuader les fumeurs. Or, une étude de ACDA/Léger Marketing a démontré que 73% des fumeurs estiment que les taxes excessives imposées au cours de la dernière décennie ont été inefficaces : 61% des ex-fumeurs depuis 2001 n’ont pas arrêté à cause des taxes, mais bien par décision personnelle.
Du coup, cette montée de taxe fulgurante a aussi accru la popularité des cigarettes de contrebande. «Au rythme où cela va, on va perdre nos dépanneurs, fait remarquer le vice-président de l’ACDA, Michel Gadbois. En Mauricie, sur 100 dépanneurs, on estime que 25 d’entre eux ont fermé leurs portes depuis deux ans.»
Le propriétaire du dépanneur Ami Marché St-Louis, Carl Caron, voit aussi une différence dans ses ventes. «Depuis 2005, la vente des produits du tabac a diminué de 50%, soutient-il. De la contrebande, il y en a partout! De plus, nous sommes conscients qu’elle est très accessible : on la livre comme de la pizza.»
Il ajoute qu’il ne remet pas en doute la survie de son entreprise, mais qu’il trouve insultant de savoir que la contrebande se fait sous son nez.
«Il faut baisser la taxe sur la cigarette» - Michel Gadbois
Les propriétaires des dépanneurs et l’Association canadienne des dépanneurs en alimentation, l’ACDA, en ont assez. La contrebande de cigarettes leur gruge de plus en plus de profit et, selon eux, il faut que le gouvernement agisse. À cet effet, ils demandent une baisse des taxes sur les produits du tabac.
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