Avec 16 athlètes qui s'entraînent à temps plein sous sa charge, Éric Bédard ne manque pas de travail. Deux exercices par jour, à raison de six jours par semaine, le tiennent à l'aréna la majorité du temps. Hors de la patinoire, Éric doit mettre à jour les données d'entraînement. Ces chiffres permettent de voir l'évolution ou la régression des patineurs. Il rédige les plans d'entraînement et s'assure de planifier toutes les futures compétitions et camps d'entraînement en compagnie du directeur général de la fédération.
Une période d'adaptationAprès quelques mois de pourparlers, les deux partis en sont venus à une entente au mois de juin dernier. Dès juillet, le médaillé de bronze des Jeux olympiques de Nagano posait les pieds à Dresden, ville de l'Allemagne de l'Est lourdement touchée par les bombardements de 1945. «Je suis arrivé il y a seulement six mois alors c'est un peu difficile. Je prends des cours de base d'Allemand, mais c'est loin d'être évident. Si j'écoute la télévision et que je sais de quoi ils parlent, je vais comprendre un peu. Par contre, si j'intercepte une discussion dans une allée d'épicerie, oubliez ça. Disons que je ne pourrais pas entretenir une conversation (rire).»
Les Allemands ont changé leurs habitudes de vieEn plus de sa garde-robe, Bédard a trimballé dans ses valises son bagage d'expérience. Les coutumes et les traditions allemandes sont très différentes d'ici et ne sont pas toujours adéquates pour pratiquer un sport aussi exigeant que le patin. «Un des problèmes auxquels j'ai été confronté, dès les premiers jours, c'est qu'ici, ils mangent peu le soir, mais beaucoup le midi. C'est complètement l'inverse du Québec. Cela a pris un ajustement parce que les patineurs avaient de la difficulté à récupérer entre les deux entraînements. Ils étaient mal alimentés et faiblissaient plus rapidement. C'est le même principe pour le souper, certains ne mangeaient que du pain et des viandes froides. J'ai dû leur demander de doubler et même tripler la dose. Aujourd'hui ils se sentent beaucoup mieux», a-t-il poursuivi.
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Avec 6h de décalage horaire, Éric doit regarder sa montre québécoise avant de téléphoner à ses proches. «Je reste très tard au bureau pour appeler au Québec, sinon ils ne m'aiment pas beaucoup (rire). Non sans farce ce n'est pas si pire que ça. La semaine je travaille tellement que je n'ai pas le temps d'y penser. Les fins de semaines sont plus difficiles sur le moral, mais ça va bien. Je suis revenu passer quelques jours en octobre, deux semaines pour Noël et quelques jours pour les championnats du monde junior à Sherbrooke au début de janvier. On apprécie plus les moments passés ensemble»
Du succès sur toute la ligneDepuis l'arrivé de Bédard, l'équipe nationale allemande ne fait que progresser. «Ils sont beaucoup plus rapides et résistants à la vitesse. Les gars sont revenus dans le top 6 mondial et on a abaissé tous les records allemands tant chez les hommes que les femmes… disons que le boss est content», a-t-il conclu. Avec un contrat valide jusqu'au premier mai 2010, Éric Bédard sera de la partie pour les Jeux olympiques de Vancouver. «Nous serons là pour mettre de la pression sur les pays de tête», promet-il.
