L'usine Kruger, L'HEBDO JOuRNAL
Kruger passe aux actes
La compagnie ferme l'usine du boulevard Gene-H.-Kruger
La nouvelle est à prime abord moins catastrophique que ce qui était d'abord annoncé la semaine dernière. L'usine trifluvienne sera fermée du 28 octobre au 10 novembre. Vendredi dernier, il était question d'une fermeture temporaire mais à durée indéterminée.Par conntre, d'autres salariés pourraient écoper.
Les dirigeants du SCEP, lequel représente les salariés de l'usine du boulevard Gene-H-Kruger, ont eu une rencontre avec les représentants patronaux mardi matin. Il y a encore bien des choses à régler avant de mettre un terme aux opérations. «Il faut faire adonner les horaires de ceux et celles qui ont des vacances à prendre. Il faut assurer une présence minimale dans l'usine. Des machines à papier ça ne s'arrête pas comme ça. Il faut prévoir le processus de redémarrage«, de nous indiquer le représentant syndical Claude Gagnon.
Mercredi, les salariés ont été informés du processus lors d'assemblées générales successives, selon les quarts de travail.On a par ailleurs appris que la compagnie songe à abolir une centaine d'autres postes. On le sait, le processus d'abolition de 155 postes est sur le point d'être finalisé. Dans un document révélé aux travailleurs, Kruger fait état de concessions salariales, de recours à la sous-traitance et d'une réduction de personnel.
La décision de Kruger ressemble à un cri d'alarme lancé aux gouvernements supérieurs. C'est en tout cas ce que croit Claude Gagnon. «Même avec ce que l'employeur nous demande de faire ce ne sera pas suffisant. Avec la hausse du dollar canadien, le manque à gagner n'est plus de 45 millions$ mais bien de 65 millions$. La situation est à ce point difficile que même si tous les employés travaillaient bénévolement pendant un an, Kruger n'arriverait même pas à éponger ses pertes. La compagnie perd actuellement plus d'un million de dollars par semaine.
On sait que les syndicats et les employeurs réclament à grand cri une baisse du coût de la fibre pour le bois à pâte et Québec se fait tirer l'oreille. «Le gouvernement canadien doit aussi se manifester. Il a sa part de responsabilité», ajoute M. Gagnon. Les coûts énergétiques sont aussi importants. Le SCEP demande à Québec d'y regarder de plus près.
Le représentant syndical trouve déplorable que le maire Yves Lévesque ait souhaité d'autres concessions de la part des salariés. «Uniquement à l'usine du boulevard Gene-H.-Kruger, ce sont 155 travailleurs qui auront quitté leur travail d'ici novembre. On en compte également une centaine du côté de Wayagamack. On parle d'environ 30 millions$ de moins dans l'économie régionale. Je me demande où le maire Lévesque veut qu'on accorde d'autres concessions.»
Il faudra donc suivre ce dossier de très près. D'autres annonces pourraient bien survenir.