Gaétan Grenier, le président du syndicat des techniciens ambulanciers de la Mauricie a rencontré la presse en matinée mardi.
Photo, L'Hebdo Journal
Les ambulanciers à bout de souffle
Des moyens de pression envisagés
Les techniciens ambulanciers membres de la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie semblent à bout de souffle. Ils réclament encore un ajout de ressources afin d'assurer des services de qualité.
Il appert que les bonnes intentions manifestées à la suite de la centralisation des services ambulanciers à un seul et même endroit, laquelle opération prévoyait un redéploiement dynamique, n'aient finalement donné aucun résultat. En fait, le redéploiement qui devait assurer une couverture continuelle du territoire n'a pas été appliqué faute des ressources.
A titre d'exemple, mardi matin, il n'y avait qu'un seul véhicule sur la route pour répondre aux appels. Les autres véhicules étaient affectés au transports de patients, de personnes âgées ou de blessés. «Il n'y aurait vraiment pas fallu qu'il y ait une catastrophe», mentionne le président du syndicat des techniciens ambulanciers, Gaétan Grenier. «A l'Agence de la santé, ils appellent ça gérer les risques!»
Le syndicat est d'avis que l'ajout de trois véhicules et de six techniciens temps plein devrait permettre de pallier aux problèmes. Gaétan Grenier dénonce également la politique de priorisation des appels.«Actuellement, selon le protocole, une personne qui a de la difficulté à respirer est priorisée par rapport à quelqu'un qui manifeste des problèmes digestifs. Or, cette personne qui ne respire pas bien traîne peut-être son problème depuis années alors que l'autre est peut-être en train de faire un infarctus. Il faudrait que nous puissions aller plus loin dans l'investigation lorsque quelqu'un appelle.»
Le syndicat prévoit des moyens de pression,lesquels ne sont pas divulgués pour le moment. «Il faut faire attention parce qu'avec le moindre écart, c'est l'injonction et la loi des services essentiels suit. Les coûts sont assumés par les techniciens ambulanciers.»
Le syndicat se dit prêt à négocier des solutions avec l'Agence.
La réplique de l'Agence de la santé et des services sociaux n'a pas tardé. Le coordonnateur des services pré-hospitaliers d'urgence, Gilles Hudon affirme que de façon générale, le nombre de véhicules disponibles sur le territoire est suffisant pour répondre aux appels. "Il est cependant possible que pendant certaines périodes il y a plus d'appels qu'il y a de ressources disponibles.Évidemment, nous y allons en fonction des appels les plus urgents. Il est possible qu'il y ait des délais pour les appels non urgents."
M. Hudon ajoute que le déploiement dynamique donne des résultats.Il affirme que les temps de réponse sont conformes aux normes dans 90% des cas.
Gilles Hudon n'est pas tendre à l'endroit des techniciens amblanciers. Il rappelle qu'ils sont en moyens de pression pour le renouvellement de leur contrat de travail. Il trouve déplorable qu'ils cherchent, selon ses propos, à insécuriser la population.