Les intervenants au dossier des hydravions touristiques de Lac-à-la-Tortue continuent de se renvoyer la balle, déplore Me Claude Gélinas. Photo L'Hebdo du St-Maurice/Hugo Lemay
«Le problème en est un de leadership à la ville» - Claude Gélinas
Les riverains du lac à la Tortue dans une lutte à finir contre les hydravions
Les riverains du lac à la Tortue n'ont pas l'intention de fléchir: leur combat ne cessera que le jour où les hydravions touristiques seront complètement interdits chez-eux. «Notre principal problème, c'est que la ville ne prend pas position dans ce dossier, malgré des problèmes de santé publics évidents», martèle Me Claude Gélinas, porte-parole des riverains.
Me Gélinas, qui vit la moitié de l'année sur les rives du lac, nous tend une pile de lettres qui s'ajoute à un dossier pourtant bien étoffé par 12 années de coexistance difficile avec Aviation Mauricie. L'une d'elle est signée du directeur national de la santé publique et sous-ministre adjoint, M. Alain Poirier. À l'intention du sous-ministre des Transports du Canada, il signale que les mesures d'atténuation du bruit n'ont guère porté de fruit.
«Il nous apparaît donc que cette situation, compromettant le bien-être de la population riveraine, est intolérable et ne peut plus durer indéfiniment», écrit-il dans une missive datée du 31 juillet dernier.
Me Gélinas exhibe un autre échange épistolaire, celui-là entre M. Mitchell Marin, président par intérim du Conseil régional de l'environnement de la Mauricie et le ministre des Transports fédéral, M. Lawrence Cannon. Le CRE demande à son tour la cessation des activités des hydravions commerciaux.
Dans sa réponse, le Directeur des affaires régionales réplique que son ministère doit respecter les droits des transporteurs. «Je tiens à souligner que Transports Canada n'aurait pas à intervenir dans ce dossier si toutefois Aviation Mauricie contrevenait à un quelconque règlement municipal et que la ville de Shawinigan décidait de l'appliquer.»
Le sang de Claude Gélinas bout littéralement dans ses artères. «Il n'y a même pas de règlement municipal! Quand on s'adresse aux échelons supérieurs, ils nous posent invariablement la même question: que font les élus de Shawinigan? La réponse est qu'ils ont peur de prendre position! Or, la situation est devenue intenable. Au début, il y avait quatre hydravions et nous en avions plein notre casque. Maintenant il y en a dix!»
Plusieurs citoyens commencent à évoquer des problèmes reliés à l'anxiété, au stress et à la dépression. «Même avec les portes et les fenêtres fermées, le bruit franchit parfois les 50 décibels. Je crains même que des suicides surviennent d'ici un an», ajoute le vice-président de l'Association de la protection du Lac.
M. Gélinas rappelle que le combat ne vise que les envolées d'hydravions touristiques. «Il y a toujours eu des hydravions et une hydrobase au lac. Et il y a toujours eu une coexistence pacifique à vernir jusqu'à 1996. Qu'ils viennent faire le plein et effectuer leur maintenance à l'hydrobase, ça ne nous dérange pas. Nous en avons contre le mouvement incessant des appareils. Entre l'intérêt collectif et l'intérêt des particuliers, la Ville semble avoir choisi son camp. Et dire que le plan de développement stratégique parle valoriser les milieux de vie!»
La Coalition contre le bruit compte déplacer sur son combat sur la scène nationale en tirant la sonnette d'alarme auprès des grands médias et même sur la scène internationale pour décourager les touristes européens d'utiliser les services des hydravions au Lac-à-la-Tortue.
aline cossette
Commentaire mis en ligne le 23 octobre 2007En parlant avec des résidents de Grand-Mère, j'ai découvert qu'ils étaient mécontents et saturés d'entendre les avions se promener au-dessus de leur tête.
Alors, j'imagine facilement que le bruit affecte d'autres personnes de St-Georges-de-Champlain ou de St-Flore.
J'invite ces personnes à écrire ou à parler avec la mairesse afin de lui signaler votre colère. J'espère que vous aurez plus de succès que moi, car elle ne m'a jamais rappelé malgré mes nombreux messages laissés sur sa boîte vocale.
Une riveraine du Lac-à-la-Tortue