Alfred St-Onge et Danielle Mongrain déplorent que leur entreprise, Bel-Air Aviation, soit expédiée sans distinction avec Aviation Mauricie. Photo L'Hebdo du St-Maurice/Hugo Lemay
Bel-Air Aviation met ses bémols
L'aéroport croit toujours aux mesures d'aviation
Bel-Air Aviation, qui exploite l'hydrobase de Lac-à-la-Tortue, se retrouve entre l'arbre et l'écorce. D'une part, l'entreprise dénonce la résolution adoptée par la ville en début de semaine pour appuyer la demande d'interdiction de vols touristiques. Et d'autre part, le transporteur Aviation Mauricie à qui l'on adresse tous les reproches.
Au cours d'un point de presse tenu jeudi matin, les dirigeants de Bel-Air rapportent que des affidavits ont été expédiés depuis deux ans au transporteur pour l'amener à respecter les mesures d'atténuation auxquels il est soumis.
Si ces mesures étaient respectées, disent en substance Alfred Jr St-Onge et sa conjointe Danielle Mongrain, les riverains n'auraient pas à réclamer l'interdiction pure et simple de ces envolées.
«Nous avons déjà eu une demande semblable, il y a une dizaine d'années, qui fut résolue avec l'opérateur de l'époque (Air Saint-Maurice) en réduisant la fréquence des vols, ce qui est malheureusement impossible jusqu'à présent avec l'opérateur actuel, Aviation Mauricie», expliquent-ils dans un communiqué remis à la presse.
La décision de la ville d'accorder son appui à la Coalition contre le bruit ne fait pas de distinction entre le transporteur Aviation Mauricie et le propriétaire de l'hydrobase, Bel-Air Aviation, déplorent-ils.
«Quel message l'administration de la Ville de Shawinigan veut-elle livrer aux divers intervenants économiques désireux de s'y établir, si elle est prête à mettre en péril une industrie implantée depuis 1919 sur son territoire?»
Bel-Air Aviation soutient que la position de la ville menace quatre millions$ de retombées économiques directes sans compter les retombées indirectes pour la région.
L'entretien d'avions commerciaux représente une partie importante du chiffre d'affaires de Bel-Air. Les avions privés doivent être inspectés une fois l'an. Pour les avions commerciaux, plus souvent dans les airs, ils doivent subir une inspection à chaque 50 heures de vol.
L'entreprise rappelle aussi qu'elle possède la base la plus proche du parc de la Mauricie pour les évacuations d'urgence médicales et qu'elle est la seule qui figure au plan d'urgence de la municipalité.
«Avec Hydravions Aventure, nous avons commencé à envoyer des vols vers d'autres lacs à vocation touristique, comme les lac Blanc, le lac à l'Eau claire et aussi vers La Tuque», explique le président Alfred St-Onge.
Jeter le bébé avec l'eau du bain
Dans toute cette histoire, Bel-Air souhaite préserver les envolées touristiques pour «éviter de jeter le bébé avec l'eau du bain.» Elle souhaite revenir à une opération commerciale touristique raisonnable en concertation avec les citoyens.
«À l'heure actuelle, il arrive qu'il y ait jusqu'à 10 autobus en même temps. Alors les opérations se font plus rapidement. Il n'y a aucune raison pour qu'un avion mette plein-gaz à 100 pieds du quai!»
Bel-Air Aviation demandera à son tour à se faire entendre auprès du ministère fédéral des Transports, qui règlemente le transport aérien.