Fermeture de la Belgo: Pauline Marois blâme sévèrement le gouvernement Charest
De passage à Shawinigan afin de rencontrer travailleurs et médias, au lendemain de l’annonce de la fermeture définitive de l’usine Belgo, la chef du Parti Québécois, Pauline Marois, a jugé que Jean Charest devrait, plus que jamais, faire un sérieux examen de conscience sur sa gestion de la crise forestière…
«Même si tout le monde crie à l’aide depuis des années déjà, il ne répond pas ou fait semblant de répondre avec des programmes qui ne donnent absolument rien, a-t-elle tonné. Oui, une restructuration était nécessaire dans l’industrie, mais le gouvernement en place a été incapable de prévoir quoique ce soit et aujourd’hui, ce sont les 650 travailleurs de la Belgo qui en paient le prix».
Bien consciente de l’ampleur de la catastrophe à la fois pour la structure économique de Shawinigan et pour les travailleurs touchés, Pauline Marois a néanmoins tenu à livrer un message d’espoir, rappelant qu’il ne faut surtout pas baisser les bras dans ce dossier. Car, selon elle, il existe des solutions aux problèmes que vit l’industrie depuis déjà trois ans. «On le dit et on le répète depuis longtemps : il faut soutenir nos entreprises en les aidant à moderniser leurs équipements et, ainsi, à améliorer leur productivité.»
Elle estime d’ailleurs qu’aujourd’hui, il y a une source et des moyens disponibles, avec l’annonce récente du gouvernement fédéral de baisser de 1% la TPS. «Le gouvernement Charest devrait maintenant occuper ce champ, croit-elle. Les 1,1 milliards de dollars par année ainsi récupérés – que les Québécois sont habitués à payer – permettraient à l’industrie de passer à travers la crise et de se préparer adéquatement à la reprise éventuelle. Car, il y aura une, j’en suis convaincue.»
En parallèle, cet argent permettrait d’enclencher une véritable opération solidarité envers les travailleurs déjà touchés par la crise, et les autres qui le seront sans doute au cours des prochains mois. «Malheureusement, tout indique que la crise n’est pas encore terminée et que d’autres mauvaises nouvelles surviendront. Il est plus que temps que le gouvernement Charest se réveille et offre son soutien aux travailleurs de ce secteur et, plus largement, du secteur manufacturier.»
Rappelons que depuis le début de la crise forestière, quelque 150 usines ont fermé leurs portes au Québec. En tout, plus de 25 000 personnes ont perdu leur emploi…