«La fermeture de la Belgo va faire mal à long terme. C'est aussi, je crois, le moment de rappeler aux gens que c'est important d'acheter local. Les gens veulent se serrer les coudes, mais ça passe aussi par le support aux commerçants» - Francis Mondou, St-Onge Kia Photo L'Hebdo/Andrée-Anne Trudel (archives)
Dur coup pour les commerçants
L'annonce de la fermeture de l'usine Belgo fait mal. Les commerçants de Shawinigan en ressentent déjà les impacts et prévoient un dur coup pour les finances de leur entreprise respective. La masse salariale des employés de la Belgo étant évaluée à 30 millions$, les commerçants devront faire une croix sur une partie importante de leurs revenus.
«La fermeture de la Belgo va faire mal à long terme. Pour l'instant, environ 25-30 de mes clients travaillent à la Belgo, en plus leur conjointe qui peut acheter une voiture. Ça va avoir de grosses répercussions. C'est aussi tout le monde qui va en souffrir. Par exemple, les travailleurs de la Belgo qui allaient manger au restaurant et qui donnaient du pourboire à la serveuse, et bien, la serveuse ne viendra plus s'acheter un véhicule», lance d'entrée de jeu le directeur général de St-Onge Kia, Francis Mondou.
C'est le même scénario du côté de l'Association des gens d'affaires de Shawinigan-Sud (AGASS). «Les commerçants trouvent ça dommage. Ça provoque des craintes par rapport à l'économie régionale», mentionne la présidente de l'AGASS, Sylvie Picard. Chez Mauricie Toyota de Shawinigan, de 15 à 20% de la clientèle travaillent dans les usines de la ville. Jocelyn Brouillette, directeur général de la concession automobile, mentionne qu'un impact est à prévoir dans la vente de véhicules neufs et d'usagés.
René Lecours, propriétaire de la Cordonnerie Lemay située au centre-ville de Shawinigan, affirme pour sa part que la vente de produits usagés va prendre le dessus sur les produits de luxe. «Notre force au centre-ville, c'est que les marchands sont les propriétaires. On cible déjà mieux nos achats que les magasins à rayons. Il va falloir, c'est sûr, adapter nos achats», ajoute M. Lecours, qui a lui-même déjà travaillé à l'usine Belgo pendant huit ans.
Les concessionnaires automobiles, les magasins à rayons, les restaurants; l'ensemble des commerçants sent déjà la vague qui va déferler sur Shawinigan dans les prochains mois. Francis Mondou, également entraîneur de basket-ball au Séminaire Sainte-Marie, avait également une autre crainte: est-ce que des joueurs devront quitter l'école privée pour poursuivre leurs études secondaires dans une école publique? «Mon premier réflexe a été de demander aux jeunes de mon équipe si un de leurs parents travaillait là-bas. Parce que peut-être que des jeunes qui allaient au Séminaire Sainte-Marie vont devoir aller à l'école des Chutes par exemple.»