Photo, Koko Martel
De Notre-Dame-de-Montauban au Costa Rica
Malgré le fait qu’elle doive se déplacer en fauteuil motorisé, KoKo Martel a décidé de réaliser son rêve de voyager de par le monde. Elle accepte de partager avec vous ses souvenirs, question d’éviter à d’autres voyageurs à mobilité restreinte, certains petits ennuis…
Avec toute cette neige qui déferle sur le Québec, nous avons tous envi de chaleur et de repos après avoir tant pelleté. Voici donc mon récit de voyages, avec tous les détails qui ont truffé mes nombreuses aventures et mésaventures. À vous de découvrir le Costa Rica...
Aujourd’hui, c’est avec nostalgie que je vous relate mon tout premier voyage hors du Canada et des États-Unis; un exaltant épisode en Amérique centrale… Alors, en route vers le Costa Rica!
C’est suite à une pneumonie qui a failli m’être fatale que j’ai commencé à parcourir le monde. Mais pourquoi le Costa Rica?!? Tout simplement un heureux hasard! Mais oui!!!
Tout débute un soir de janvier. Je téléphone à ma cousine Joanne, histoire de prendre de ses nouvelles (elle avait subi un traumatisme crânien, causé par un grave accident de la route à Saint-Marc-des-Carrières, plusieurs mois plus tôt). Jojo m’annonce donc son intention de partir sous peu pour le pays des volcans. Éprise d’un désir subit, je lui déclare spontanément: «Si j’avais quelqu’un pour m’aider, je partirais tout de suite avec toi!» Elle ne semble pas vraiment me prendre au sérieux. Mais, à mon grand étonnement, elle me rappelle le lendemain en suggérant l’aide de ma sœur Lison qui avait DÉJÀ accepté de m’accompagner en tant que préposée. Je saute de joie! (enfin, façon de parler…) à la pensée que trois semaines plus tard, nous allions « lézarder » sur une interminable plage de sable volcanique noir, ensoleillée. Je suis surexcitée!
Comme c’est JoJo qui effectue nos réservations et que voyager est pour moi une fascinante nouvelle expérience, je ne pense même pas à demander des précisions sur l’accessibilité de l’aéroport, l’avion, les transferts, la navette, les taxis, etc. Tout ce que je sais, c’est que l’auberge ou nous séjournerons, et que ma cousine connaît déjà, a deux petites chambres adaptées. Et ça, ça me satisfait. Si c’était à refaire, je me renseignerais d’avantage au préalable…
Les démarches pour l’obtention d’un passeport canadien ont été simples à faire, malgré plein de petits détails. Aujourd’hui, c’est plus facile, car le formulaire est disponible en ligne et également au Bureau des passeports et au comptoirs postaux
www.ppt.gc.ca).
Mieux vaut prévenir…
À l’aéroport de Dorval, le personnel de la compagnie aérienne est totalement dépassé par la présence de mon fauteuil motorisé. J’ai des billets d’avion valides, certes, mais mon fauteuil n’a ni les batteries ni les boîtes adéquates, exigées pour voler, et malheur… aucunes ne sont à portée de la main. Les gens du personnel aérien, comme nous-mêmes, sont hyper stressés, ils ne peuvent pas me laisser partir dans des conditions aussi dangereuses. Puis, après une bonne heure de démarches, un homme finit par arriver en courant avec les fameuses boîtes, on me transfère dans une antiquité roulante, trois fois trop grande pour moi, dont un appuie-pied est tordu et l’autre manquant. Installée telle une contorsionniste, je les regarde envelopper mon motorisé dans un immense sac de plastique.
On me roule en vitesse jusqu’à la douane. Puis vient la fouille manuelle, exécutée par une robuste mais respectueuse douanière, qui me laisse un peu embarrassée… alors pour détendre l’atmosphère, je demande : «Je préférerais que ce soit monsieur qui me fouille! Ha! ha! ha!» Maintenant que je connais les procédures, cela ne m’inquiète plus, au contraire, j’ai toujours quelques répliques amusantes à leur lancer!
Allez, hop!, à l’embarquement. On me fait faire un peu de rodéo dans le tunnel accordéon jusqu’à la porte du Lockheed 1011, malheureusement sans ceinture de sécurité, j’ai l’air une femme saoule… de plus, personne ne m’avait expliqué au préalable que je devais encore être transférée, mais cette fois-ci, sur un « tini wini mini » fauteuil appelé « chaise Washington » maintenant trois fois trop petit, afin de circuler aisément dans les allées étroites de l’avion. Enfin, on m’installe sur un siège dans la huitième rangée mais le transfert se fait difficilement en raison du peu d’espace pour bouger. Si j’avais su qu’il y a des sièges conçus pour nous, munis de bras inclinables, dans presque chaque appareil…
À plus de 10 000 mètres d’altitude, Lison, Jojo et moi somment prises d’un fou rire interminable quand, croyez-le ou non, mes coussins d’air Roho se métamorphosent littéralement! Celui placé sous mes fesses devient dur comme de la pierre, tandis que le second, sous mes pieds, présente une excroissance de la dimension de la tête d’un nouveau-né. « Mais qu’est-ce qui se passe ?!? » Ça n’a rien de satanique, c’est tout simplement que l’air prend de l’expansion sous la pression de la haute altitude,,, Ha ha ha! On dégonfle en vitesse les deux monstruosités qui, sans y avoir réfléchi, redeviennent encore plus mou qu’au départ lors de la descente. Quel malheur! La pompe est dans la soute à bagages… mais il y a encore pire : je ne savais pas qu’il fallait dégonfler les pneus des fauteuils! Haaaaaaaa! je n’ai que deux chambres à air de rechange!
À travers les nuages transpercés d’éblouissants éclairs, nous entrevoyons enfin, niché sur la cime de l’une des plus hautes montagnes du pays, le « pas très grand » aéroport international. Avec la douceur d’un bel oiseau en migration, notre habile pilote pose sa gracieuse machine volante sur la courte piste, terminée d’un creux ravin. L’émotion est à son comble; EX-CI-TANT!
Le paradis sur terre
Après cinq heures de vol, le froid pénétrant (–50 degrés en l’air) et la tempête de glace qui a presque paralysé l’avion au sol à Mirabel, un peu de chaleur nous ferait beaucoup de bien. Mais il ne faut pas croire au Père Noël : car il est déjà plus de 22h, heure locale; nous sommes en altitude et la nuit est sûrement humide et très fraîche dans ce pays. Qui plus est… on est en mars! Puis, les agents de bord ouvrent les portes sur… WoooW ! C’est IN-CRO-YA-BLE! C’est encore mieux que tout ce que nous avions imaginé… un grand coup de vent parvient jusqu’à nous… chargé d’un taux d’humidité et d’une chaleur comme je n’en ai jamais sentis au Québec. C’est le paradis sur terre! Nous avons les yeux emplis de ravissement et d'étonnement, mais ça ne fait que commencer…
C’est «à bras» que les Costaricains me font descendre la quarantaine de marches du Lockheed. Ici, pas d’accordéon, ni de rodéo… juste un peu de sport extrême. Ih, ha! Malgré tout, mon visage n’est pas suffisamment large pour accommoder le large sourire que j’exhibe, j’en ai mal aux joues.
Puis, les événements défilent à une vitesse irréelle; livraison des fauteuils motorisé et manuel (ouf! Heureusement les pneus n’ont pas éclatés…), prise des bagages, papiers et passeports s’il vous plaît, passage à la douane et inspection des valises. Nous cherchons notre chauffeur; montons dans la camionnette envoyée par l’aubergiste et nous partons en trombe. C’est comme ça qu’on conduit ici.
« Regardez les filles… un palmier! » Je me souviens alors des paroles de ma mère : « On n’oublit jamais son premier palmier! »
Après toutes ces émotions enfin, nous méritons bien un peu de calme. MAIS, les routes sinueuses en serpentin à bord de précipices nous tiennent bien éveillées. Nous ignorions aussi que les routes du Costa Rica sont composées en partie d’asphalte, de gravier, de sable, de terre, de cailloux, de roches, de gravier, de ciment (ET QUOI ENCORE?) Rien de reposant finalement!
Et puis, nous sommes médusées en apercevant des milliers de crabes qui escaladent les montagnes. Mais qu’est-ce que c’est donc ça ? Sans compter qu’on peut rencontrer n’importe quoi sur la route : un palmier déraciné, une vache rachitique, un singe qui semble faire du pouce, même! Ha, ha, ha ! Adroitement, le conducteur exécute un « slalom » afin d’éviter les trous, flaques d’eau et butes en descendant la route zigzagante en pente raide. Très raide même.
Yé! Nous arrivons finalement à l’auberge, à Esterillos Este. L’écho du roulement des vagues du Pacifique nous attire comme un aimant, nous sommes tellement excitées que nous ne tenons plus debout! (Ah! C’est vrai, je ne marche pas! Ha, ha, ha !). Guidées par cette enivrante symphonie, nous nous dirigeons, telles des automates, vers ce qui sera NOTRE mer pour les deux semaines à venir. Wooooooooooooow!
Comme toile de fond, un sombre et fracassant océan s’étend à l’infini... Au-dessus de nos têtes, on pourrait croire à un gigantesque dôme constellé d’étincelants diamants. Tout autour, l’air salin, mêlé au parfum d’hibiscus endormis et autres capiteux arômes de la flore luxuriante, nous enivre.
C’est tout simplement émerveillant.
Curieusement, je respire déjà beaucoup mieux, probablement l’humidité du début de mars qui agit sur moi comme un gigantesque humidificateur naturel.
Quel bonheur de s’endormir bercée par la mélodie incessante des vagues! Au matin, c’est la chorale d’oiseaux tropicaux (il y en a 850 espèces) qui nous réveille de sa romance exotique. Aussitôt, on se précipite afin d’admirer la mer quasiment noire. Ce sable foncé n’est pas du sable, il est aussi fin que de la poudre… mais non, c’est de la cendre volcanique! Et c’est d’une douceur…
Il fait 35 °C, l’humidité est à 90%. Impressionnée par cette vaste étendue d’eau, je roule jusqu’à ce que les vagues effleurent mes roues avant, prudemment… puis, sans avertissement une vague de marée montante se déferle et mon motorisé est submergé jusqu’aux moteurs. Je suis enlisée! Je vais noyer ma chaise! J’appelle : « Lison! JoJo! Help! ». Elles accourent, tirent, poussent, tirent, poussent, l’eau monte toujours, c’est la panique générale… Puis, je suis dégagée juste à temps. Ouuuuuf! À une goutte près, j’étais « condamnée à la chaise manuelle » pour deux semaines.
Géré par Pierre et Mariette, un chaleureux couple de Québécois, le très intime auberge de dix chambres, El Pélicano, offre un service impeccable et on y mange très bien. Tout autour, la campagne costaricaine dévoile ses paysages escarpés; à une centaine de pieds seulement de notre habitat, une piste d’atterrissage de terre battue ou galopent bruyamment des chevaux sauvages que nous espionnons… et vise versa. À proximité, de minuscules maisons de planches, remplies d’enfants aux yeux noirs, le teint basané et terreux, qui jouent sans chaussures… gentils comme tout, réservés mais curieux et sans arrière-pensées, qui ne veulent autre chose qu’être nos amis.
Et la mer… cette mer, foncée et chaude, ou des courants encore plus chauds nous surprennent sans cesse. Cette mer, puissante, ou les vagues venues directement d’Hawaii, se croisent et vous enrobent tels les bras d’un amoureux. Cette mer, dans laquelle miroitent des couchers de soleil aux couleurs d’agrumes.
Que dire de mes mémorables baignades dans ce Pacifique agité. Installée dans mon fauteuil manuel, Roho sous le fessier, ceinture de sécurité super ajustée sous la poitrine, je fonce, avec mes deux compagnes de voyage, à contre-courant dans les vagues qui se fracassent sur nous. À chacune d’elles, ma sœur doit ramener mes jambes qui sont brusquement projetées, une au nord l’autre au sud, par la force de l’eau… à l’aide d’un foulard, elle attache mes genoux ensemble et nous retournons à l’aventure. Par la suite, ce sont mes pieds qui sont propulsés aux antipodes, solution... un autre foulard, celui-ci autour de mes chevilles. Puis on y retourne encore. Alors, une forte vague nous charge avec vigueur et soulève le fauteuil, juste assez pour qu’une autre vague pénètre sous le Roho qui flotte maintenant à la surface de l’eau, mais mes fesses sont encore dessus… mon corps tout entier, à l’horizontale, n’est retenu que par la ceinture de sécurité. Un vacancier inconnu se précipite à notre secours avant que je dérive jusqu’à Honolulu. Ha, ha, ha ! Il me retient fermement pendant que Lison et JoJo s’affairent à traîner le fauteuil hors de l’eau. Mais le pire est à venir. Cauchemar ! Je suis en train de perdre mon bas de bikini. Ma sœur, qui s’en aperçoit juste à temps, le ramène, vite comme l’éclair, avant que notre sauveteur assiste au spectacle. Ha, ha, oh ! D’ores et déjà, elle dégonfle les pneus du manuel, afin de l’empêcher d’agir comme un radeau.
C’est donc ligotée à mon manuel que je retourne affronter les flots, mais cette fois-ci… je porte un maillot UNE PIÈCE ! Pas intéressée à la carrière de « strip-teaseuse »!!! On nous avait bien averties de faire attention aux doubles vagues (ça, c’est une puissante vague suivie immédiatement par une autre, aussi grosse), mais on ne s’attendait pas à ce qui suit... Confiantes, et avec beaucoup de prudence, Lison et JoJo me roulent jusqu’à ce que j’aie de l’eau jusqu’aux genoux et retiennent fermement mon fauteuil qui est un peu ébranlé par chacune des vagues qui nous éclabousse. Une première grosse vague se jette alors sur nous de plein fouet : « Splash ! », me passe presque par-dessus la tête, soulève mes roues avant de plusieurs pouces, ce qui me fait reculer de deux ou trois pieds malgré mes deux gardes du corps… puis, sans avoir le temps de réagir, la double vague nous attaque à son tour, me passe cette fois-ci par-dessus la tête… et sans me donner le temps de reprendre mon souffle, voici qu’arrive la TRIPLE vague, une colosse, qui passe même par-dessus la tête des filles, debout, derrière, et beaucoup plus hautes que moi. Ma tête est projetée vers l’arrière à l’impact, j’avale une bonne gorgée d’eau salée, car je suis totalement submergée, la chaise et tout le monde recule de six pieds au moins, puis j’effectue un saut périlleux arrière, avec triple vrille et double boucle piquée. Ha, ha, ha ! Sans farce… je suis sur le dos avec ma chaise, les pattes en l’air, crampée de rire, étouffée par l’eau salée. Chaque fois que les filles essaient de me remettre d’aplomb sur quatre roues, une vague m’entraîne sur le dos. Alors, le même sauveteur parisien (Philippe), à qui nous avions demandé de filmer, accourt une seconde fois, ma caméra vidéo au cou, suivi de deux nouveaux vacanciers québécois, François et Pierre.
Trop téméraire à leur goût, les gars me disent que je prends le Pacifique pour un manège. François me propose donc de faire tranquillement la baignade avec moi dans la seule petite piscine de l’auberge. J’accepte immédiatement. Avec Charlie qui nous épie (un iguane de 32’’ environ, domicilié au Pelicano), je passe un calme petit après-midi auprès de ce beau jeune homme… après avoir été lancée dans l’eau profonde de la piscine par Pierre, malgré les protestations de ma sœur. Hi, hi, hi! Il faut bien mettre un peu de piquant! Quoique plus prudente maintenant, j’aime encore m’amuser. Hum, hum!
La seule chose que je regrette de la mer, c’est mon beau bikini bleu imitation de paillettes, qui a perdu tout son éclat à cause de l’eau salée!!!
Pendant la journée, nous abusons de la mer, observons les étranges bernard-l’ermite, admirons les papillons, contemplons le vol des albatros qui attrapent habilement les poissons projetés par-dessus les vagues, collectionnons les coquillages hétéroclites, classons les innombrables arbres fruitiers : manguiers, papayers, caramboliers, avocatiers, etc. Nous nous baladons dans les environs, jasons avec les habitants, regardons les rares petits avions décoller ou atterrir, suivons des yeux les parachutes qui posent pied sur la plage à une centaine de mètres seulement de nous.
Aussi, pour quelques dollars (ou plutôt des milliers de Colones, colombs costaricains), nous faisons une première sortie au village de Parrita en taxi-jeep, à une vingtaine de minutes. Étonnamment, le chauffeur se fait un plaisir de me transférer et de mettre mon manuelle derrière. Je lui donne un gros pourboire pour le remercier, malgré son refus. Encore sauvage, il y a peu de tourisme dans ce pays de quiétude, bien que la capitale de San Jose soit comme toute autre grande ville. Sur notre chemin, le conducteur nous désigne une palmeraie de palmiers royal, imposants, ou la récolte des fruits qui produisent l’huile de palme se fait avec des chariots (carretas – l’un des symboles du pays) tirés par d’imposants bœufs blancs. À Parrita, les trottoirs et les rues sont assez faciles d’accès et les habitants offrent toujours leur aide. Notre balade à pied nous fait découvrir la minuscule boucherie ou les quartiers de viandes sont accrochés à l’air libre, une cabine téléphonique délabrée, la régie des alcools, grande comme une chambre à coucher, des boites et des caisses empilées jusqu’au plafond, la banque, gardée par un menaçant soldat de l’armée, équipé d’une mitraillette, et qui, à notre plus grand étonnement, accepte avec empressement de se faire photographier en notre compagnie. Identique pour les petits écoliers : ces mêmes petits enfants malpropres, aux pieds nus et aux cheveux hirsutes, qui sont maintenant élégants comme tout, en uniforme pressé et souliers cirés, transportant chacun leur sac d’école et leur melon de miel. Ce qui m’a le plus marqué, bizarrement, c’est l’épicerie ou nous achetions une multitude de produits et friandises inconnus et, à notre très grande stupéfaction, « du chocolat qui ne fond pas » malgré la chaleur accablante. Au retour, le chauffeur cueille quelques caramboles directement de l’arbre pour nous les faire goûter, avant d’aller poster nos cartes postales au modeste bureau local.
Une autre journée, la petite ville de Quepos est notre seconde destination. Pendant les quarante-cinq minutes de route en camionnette, nous traversons quelques petits ponts, tellement étroits, que nous devons attendre pour passer chacun notre tour. Nous voyons des pélicans, entendons les perroquets crier et entrevoyons des crocodiles dans les étangs. En ville, la première chose qui nous saute aux yeux, ce sont les trottoirs d’un mètre de hauteur ! Il y a même des marches pour y accéder ! Je suis désappointée ! impossible de visiter ici, mais ça ne dure pas longtemps, les soldats armés qui décorent toute la ville m’aident avec plaisir. Malgré mon espagnol défaillant, on m’explique alors que c’est pour éviter les inondations lors de la saison des pluies, de mai à novembre. WoW ! Y doit mouiller en « mauzusse » pour avoir des trottoirs hauts de 90 centimètres! Puis, nous dînons dans un resto local typiquement costaricain, ou on nous sert un succulent « guacamole » en entrée, mais rien à voir avec ce que l’on connaît ici, suivi d’un copieux repas dont je n’ai jamais réussi à retenir ou prononcer le nom. Ici, comme dans tout le pays, c’est incroyable de voir combien les infrastructures sont riches et bien entretenues, en comparaison avec la pauvreté ambiante. La caserne des pompiers, le poste de police, même le salon funéraire sont surprenants de beauté.
La troisième sortie se fait en solitaire. C’est un autobus local, joyeusement peint de perroquets et palmiers, mais inaccessible pour moi, et qu’elle attend sur le bord du chemin de campagne au levé du soleil. Lison part visiter l’un des plus réputés parcs nationaux, Manuel Antonio, à plus d’une heure de route. Splendide forêt tropicale sèche et humide, elle abrite l’une des plus grandes diversités fauniques : perroquets, pélicans, albatros, toucans, singes, crabes, le plus grand rassemblement de tortues de mer et un nombre incalculable d’animaux exotiques étranges et inconnus pour nous. Loin des volcans, sa plage est d’un sable blanc immaculé. Ma soeur passe une excellente journée. Si c’était à refaire, c’est en taxi que je m’y rendrais, car j’ai beaucoup regretté de n’y être pas allée.
Notre dernière sortie est pour la mignonne ville de Jaco. Boutiques, restaurants, bars, discos et hôtels… résument à perfection l’endroit.
Vers l’heure du souper, chaque jour, tout le monde fait la même chose! Immanquablement, nous admirons un autre romantique coucher de soleil sur le Pacifique; même les cigales sont au rendez-vous.
Un certain souper, nous fêtons l’anniversaire de ma sœur Lison, gros party à 5 au Pina Colada, avec les propriétaires. Ha, ha, ha !
Pour remplir nos calmes soirées, nous faisons des promenades aux alentours et découvrons quelque chose de nouveau tous les jours : un arbre caoutchouc de deux étages, un cactus fleuri, un arbre de noix d’acajou, une fleur inconnue, etc. Ensuite, nous jouons à des jeux de société avec nos compagnons voyageurs, dont nous ne parlons pas nécessairement la langue (un Parisien avec ses expressions locales, un Américain, un vieil Italien bourru, des Québécois, etc.).
Un soir, un jeune couple du Québec qui a pignon sur mer et soleil, dont l’homme est quadraplégique, nous invite dans leur discrète maison, ou ils racontent comment ils sont devenus parents d’une adorable petite costaricaine. À mon tour, je leur dis combien j’ai hâte à demain, pour goûter une noix d’acajou tombée de son arbre. Les yeux exorbités, c’est à l’unisson qu’ils hurlent presque : «goûte pas à ça, c’est poison vif pour les humains si c’est pas grillé !». Je suis statufiée! Puis finalement, je dis avoir vu Charlie en manger lui… On m’explique que les noix d’acajou sont aussi mortelles pour nous que les avocats le sont pour les perroquets et les perruches. L’huile des noix fait enfler la gorge à tel point que je n’aurais pas le me rendre à l’hôpital. Oups! Croyez-moi, l’envie de goûter n’importe quoi, sans prendre le temps de demander d’abord, m’a passé assez vite.
Quant à la température, nous sommes chanceuses, car il pleut seulement la nuit, une seule fois, il a plu le soir et ça n’a duré que dix minutes… mais mauzusse que ça tombe quand ça tombe.
Le retour vers l’aéroport se fait de jour. Nous avons la chance de voir la populaire baie de Jaco beach, les hautes montagnes direction sud et d’apprécier tout particulièrement, la montée difficile parmi les plantations de café à flan de précipices et les virages en épingles ou l’on rencontre camions, gros autobus et quoi encore... tout un « feeling ». Émotions garanties !
Honnêtement, si ce n’était la saison des pluies, je qualifierais le Costa Rica de « paradis terrestre». J’ai tout aimé de ce pays, mais il me reste tellement à y voir encore. Je veux l’explorer de la frontière du Nicaragua jusqu’au Panama… des centaines de kilomètres, dont ma priorité est : « les trois volcans en ébullition : Paos, Arenal et Irazu ». Je veux connaître les Costaricains de l’ouest, blonds aux yeux bleus (origines allemandes). Il y a tellement de possibilité d’expéditions de toutes sortes, que je ne sais plus lesquelles choisir : plongée (bouteille ou apnée), kayak, rafting, exploration faunique, ornithologie, équitation, location d’un 4x4, etc. Quant aux spécialités, j’ai rapporté céramique, vannerie, objets en bois dont des chariots aux couleurs vives. N’oubliez surtout pas : lorsque vous achetez des souvenirs, gâtez-VOUS… un tout petit quelque chose fera plaisir à vos proches, c’est certain, mais c’est à VOUS qu’ils remémoreront quelque chose de sentimental. Vous regretterez amèrement de n’avoir pas rapporté ce remarquable masque précolombien… comme je l’ai moi-même regretté…
Au retour, tout se déroule parfaitement. Notre appareil se pose d’abord à Montego Bay, en Jamaïque, pour faire le plein. J’ai eu très mal aux oreilles, parce que je ne connaissais pas les trucs ! On peut mâcher de la gomme, oui, et si ça ne fonctionne, pas il suffit de mettre deux verres de plastique sur nos oreilles pour diminuer la pression, pas très élégant, mais ça met la bonne humeur autour de soi! Dans les cas extrêmes, une débarbouillette d’eau bouillante sur chaque oreille.
Autre petit truc pratique. Si vous craignez le mal de l’air (ou de mer), avalez des gélules de gingembre deux fois par jour, à partir de 24 heures avant le départ… Ça marche et c’est entièrement naturel !
Le Costa Rica s’est révélé une belle destination, pas 100 % accessible ni adaptée, mais bien quand même. Mon plus gros problème s’est produit quelques mois après notre retour. Lorsque je me suis rassise sur mon manuel… à mon grand désarroi… « il ne roulait plus » ! Les essieux, les freins et les autres pièces de métal avaient débuté leur processus de corrosion avec l’eau mais surtout le sel de mer. Ho non! Mais ce n’est par irrémédiable. Maintenant, je prévois le coup, au retour de chacune de mes escapades dans le Sud, je fais soigneusement nettoyer, graisser et entretenir mon manuel et ce, aussitôt que possible afin qu’il soit réutilisable mais aussi… prêt à repartir !
Il y a tant de situations différentes qui peuvent survenir lors d’un voyage, qu’il serait difficile pour moi de vous en faire une liste : problèmes versus solutions. Voyage n’égale pas nécessairement problèmes, mais dans tout déplacement il y a des imprévus et des possibilités ; il s’agit ici d’essayer de minimiser les malchances afin que, tout comme moi, vous fassiez « d’inoubliables voyages ».
J’ai tellement aimé ce voyage, que je me suis inscrite en tourisme à mon retour et je suis devenue Conseillère en voyages… métier que j’ai pratiqué pendant 10 ans.
Les conseils de KoKo
Les démarches concernant l’obtention d’un passeport peuvent s’effectuer au Bureau des passeports, aux comptoirs postaux ou depuis peu, en ligne
www.ppt.gc.ca
Renseignez-vous au préalable sur l’accessibilité, aéroport, avion, taxis, etc. et la façon de procéder pour la navette et les transferts.
Dégonflez les pneus du fauteuil avant le décollage. Gardez la pompe dans le bagage à main.
N’ayez pas peur de demander des accessoires pour assurer votre confort et votre sécurité.