Mme Rose à l'été 2007. Photo, courtoisie
92 printemps pour Madame Rose Vallée (ti-Rose) la doyenne de Montauban
par KoKo Martel
C’est le 28 avril 1916 qu’a éclot la petite Rose de Montauban, autrefois appelé Notre-Dame-des-Anges, la seconde fille de Joseph Vallée de Montauban (premier mineurs du moulin original) et Marie-Éloise Richard de Québec (journalière).
Elle a passé toute son enfance en bas de la côte à Frem (devenue Gauthier) avec ses parents, sa sœur aînée Jeanne et la compagnie de sa grand-mère maternelle, une indienne «pure», qui avait marié un canadien-français nommé Louis Richard, même si elle ne parlait pas un mot de français ou d’anglais.
Ti-Rose avait 9 ans lorsque sa grand-maman est décédée, elle s’en souvient très bien. Puis, elle a fréquenté l’école du 8 jusqu’à l’âge de 10 ans Puis, c’est un an avant la Seconde Guerre Mondiale qu’elle s’unie à André Gravel de St-Ubalde, rencontré lorsqu’il distribuait du miel, du sirop d’érable et de la tire. Mme Rose qui a toujours eu le bec sucré, n’a pas pu résister ! Alors, le couple a demeuré quelques temps ici, puis plusieurs années en Abitibi pour défricher une terre de colonisation en passant par Montréal pour finalement revenir à Montauban. De cette union ont éclot 7 bourgeons : l’aîné Roland, puis Solange, Thérèse, Aristide, Laurianne, Ghislaine et la cadette Mireille, suivis de 13 petits-enfants dont certains demeurent même en Allemagne et, à ce jour, 9 arrières-petits-enfants. Mme Rose reçoit régulièrement la visite de ses proches dans la petite maison blanche à Montauban ou elle demeure avec son fils Aristide. Hé oui ! Elle tient encore maison, grâce à un peu d’aide du CLSC. C’est avec sa générosité légendaire que la nonagénaire s’est confiée. Les yeux remplis de souvenirs elle déclare : « J’ai fait une belle vie, si je devais la recommencer… je ne changerais rien ! » En assez bonne santé, la doyenne qui aura 92 ans le 28 avril, a de petits problèmes cardiaques mais cela n’affecte en rien son très grand cœur. Elle n’aurait jamais pensé vivre aussi longtemps.. « J’ai vu trépasser tout le monde autour de moi, j’en aurais une longue liste »… « Je n’ai pas hâte de mourir parce que je ne sais pas trop ce qui m’attend de l’autre côté ». « Je voudrais bien atteindre 100 ans, pour le chiffre mais surtout pour dépasser un siècle ». « Mourir, c’est mon plus grand châtiment ! »
Ses amies disparues lui manquent, mais heureusement elle a de bonnes camarades, Maria Plamondon, Mme Margo Perron, Mme Rosaire Gingras, Solange Martel et quelques autres. La visite et la compagnie lui manquent beaucoup en hiver : « C’est long et ça ne fini plus… surtout cette année » dit-elle. Elle croit en Dieu et prie la Vierge Marie. Sourire aux lèvres, elle avoue croire à un créateur et déclare en évoquant toutes les beautés de notre planète : « C’est pas moi qui a posé des pattes aux mouches ! »
Ses loisirs favoris sont la lecture (elle se dit une grande liseuse et « écriveuse ») aussi, elle lit La Presse et Le Journal de Montréal chaque soir. La télévision fait partie de sa vie toutefois, d’une sociabilité contagieuse, elle adore les sorties culturelles et les parties de cartes à l’Âge d’Or dont elle fait partie depuis ses débuts il y a 30 ans. Sans contredit, elle a le sens du spectacle, elle a d’ailleurs participé à la Soirée Amateurs de Montauban en 2007 ou elle a interprété une chanson folklorique d’une grivoiserie taquine.
Mme Rose n’est pas difficile à satisfaire : chocolats, bombons et sucreries la séduisent toujours. Jadis, elle adorait les pinottes et les cachous mais comme elle surveille sa santé elle n’en croque plus. Malgré une acuité auditive réduite, elle est tout ce qu’il y a des plus lucide et son excellente mémoire en fait foie, car tout le monde sait qu’elle adore dialoguer et se rappeler.
La doyenne bien aimée et appréciée de tous était, est et sera à jamais « une vraie madame », un exemple de féminité. A 92 ans elle est toujours aussi coquette, distinguée, fière, galante, soignée et soucieuse de sa personne. Fard sur les joues, rouge à lèvres et sourire éclatant, voici quelques éléments qui la caractérisent vraiment, sans oublier bien sur sa casquette, ses beaux vêtements mais surtout ses talons hauts… Que la petite Rose ait grandit dans la Vallée ou la Gravel, elle demeure parmi toutes les fleurs… la plus belle!