Les trois Centres d’action bénévole de Mékinac et des Chenaux ont ciblé dans leurs rapports annuels certaines problématiques au niveau du recrutement de bénévoles. Photo L'Hebdo/Marie-Eve Veillette
Quel avenir pour le bénévolat?
L’univers de l’action bénévole n’est plus ce qu’il était. Les divers centres d’action bénévole (CAB) du territoire sont confrontés à des problématiques qui les obligent aujourd’hui à revoir leurs façons de faire.
D’abord, leurs bénévoles sont de plus en plus âgés. Aux CAB de la Moraine et des Riverains, qui desservent la MRC des Chenaux, plus de la moitié des bénévoles ont plus de 65 ans. Dans Mékinac, ce chiffre bondit à… 78%!
«Ce n’est pas facile de rejoindre les plus jeunes, car dès qu’il y a du bénévolat de jour, les travailleurs et les étudiants ne sont pas disponibles. En ce qui concerne le recrutement auprès des personnes plus âgées, il y a moins de problème, car elles sont plus libres. Chez ces personnes, faire du bénévolat représente une satisfaction personnelle et une façon de se valoriser et de conserver une certaine vie sociale. C’est aussi, pour elles, un moyen de mettre à profit leur expertise, d’être utile et de s’accomplir», expliquent les directrices générales des trois CAB, Micheline Cloutier (Mékinac), Louise Baillargeon (de la Moraine) et Marie-Claude Samuel (des Riverains).
Ces dernières sont d’avis que les Centres d’action bénévole doivent repenser toute leur structure de services pour pouvoir rejoindre davantage la nouvelle génération, qui ne perçoit pas le bénévolat de la même manière que leurs aînés.
«La nouvelle génération a des exigences différentes en terme d’implication bénévole. Elle préfère répondre à des problématiques bien précises, par lesquelles elle se sent concernée, tout en donnant de son temps de façon ponctuelle. On doit donc trouver un moyen de se plier à ses disponibilités si on veut qu’elle joigne nos rangs et qu’elle y demeure»
Ce problème au niveau de la relève n’est pas exclusif aux MRC de Mékinac et des Chenaux. Les trois directrices générales rappellent que la Fédération des Centres d’action bénévole du Québec a amorcé une réorientation sur le développement de l’action bénévole chez les jeunes.
«Trouver de la relève, ce n’est pas facile. Nous avons une opération séduction à faire, surtout auprès des jeunes. Les ados trouvent ça poche, le bénévolat, parce que ça ne paye pas. Nous croyons qu’il faut commencer à éduquer les jeunes sur l’importance du bénévolat dès le primaire. Plus ce sera ancré tôt dans la vie, comme valeur, plus les jeunes seront susceptibles de s’impliquer tout au long de leur vie.»
Chaque Centre d’action bénévole du territoire développe ses propres initiatives pour améliorer la situation. Dans des Chenaux, le Courrier des enfants est une belle porte d’entrée dans les écoles, tout comme les collectes de denrées au secondaire. Des projets de mentorat sont aussi à venir, notamment au CAB des Riverains. En ce qui concerne le CAB Mékinac, une agente de projet se rend ponctuellement dans les écoles primaires.
«On n’a pas trouvé de recette parfaite mais au moins, on fait des efforts pour faire connaître les vertus du bénévolat chez les enfants. C’est à long terme que l’on pourra voir l’impact de nos actions.»