La récupération des plastiques d’enrobage d’ensilage se répand de plus en plus dans la région et à travers le Québec.
Une deuxième vie pour les plastiques d’enrobage d’ensilage
Une vingtaine d’agriculteurs de la MRC des Chenaux, sous l’initiative de leur Syndicat de base, ont amorcé un projet environnemental de taille, en 2007, en commençant à récupérer leur plastique d’enrobage d’ensilage.
Leur action a permis de donner une deuxième vie à des milliers de livres de plastique. Aujourd’hui, l’ensemble des producteurs agricoles de la Mauricie est invité à se joindre à eux et à prendre part à ce grand projet bénéfique pour l’environnement, qui se déroule en partenariat avec la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM), le Groupe RCM Inc. de Yamachiche et le Conseil régional en environnement (CRE).
Le principe est simple: les producteurs doivent d’abord s’inscrire auprès d’Alexandre Tourigny, agronome (819 378-4033, poste 231), ou en contactant un représentant de leur syndicat de base. Ensuite, ils seront invités à conserver leurs plastiques d’enrobage usagés (les plastiques blancs seulement) jusqu’à la prochaine cueillette de bacs bleus. Pour que leurs plastiques soient ramassés, ils doivent être disposés à proximité du bac bleu et préparés en ballots de 15 à 20 kilos chacun.
«En participant à ce projet, les producteurs agricoles de la région contribueront à diminuer considérablement la quantité de plastique envoyée dans les sites d’enfouissement, en plus de permettre de le revaloriser», estime Alexandre Tourigny, chargé de projet en agroenvironnement à l’UPA Mauricie.
À l’heure actuelle, deux tonnes métriques de plastique de ferme transitent chaque mois chez Groupe RCM. Toute cette matière est par la suite acheminée en Asie et aux États-Unis. D’ici quelques mois, elle pourrait toutefois être transformée dans la région grâce à un projet de recyclage de sacs de plastique, qui comprendrait ces enveloppes. Le Groupe RCM y travaille. «On ne peut dévoiler le nom de la multinationale avec qui nous sommes en pourparlers actuellement. Mais il s’agit d’un projet créateur d’emplois qui profitera à la Mauricie. Les détails seront rendus publics à la fin du mois d’août», mentionne Guillaume Villemure, adjoint au Développement & Achat et Vente.
Une initiative de plus en plus répandue
Dans la région de Bécancour – Nicolet-Yamaska, la récupération des plastiques de ferme a vu le jour en 2006. La Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec et la Régie intermunicipale de gestion intégrée des déchets Bécancour – Nicolet-Yamaska avaient alors uni leurs efforts pour récupérer et revaloriser cette matière. Une vingtaine d’entreprises agricoles étaient visées par le projet. Deux ans plus tard, entre 650 et 700 agriculteurs de la Rive-Sud y souscrivent.
«Plusieurs génèrent des quantités considérables de plastique et veulent qu’il soit récupéré. De plus, tous les responsables de l’environnement de l’UPA à travers le Québec ont le mandat d’organiser un projet du genre dans leur région. Ce type de récupération commence ainsi à s’étendre à la grandeur du Québec», précise Charles Lachapelle, coordonnateur régional en agriculture durable à la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec.
De son côté, Louis Charest, président de la Régie intermunicipale de gestion intégrée des déchets Bécancour-Nicolet-Yamaska, estime qu’il reste encore des ajustements à apporter au processus, mais qu’ils vont bon train. «Actuellement, seuls les plastiques blancs sont récupérables. Nous voulons instaurer dès cette année une collecte des encombrants pour ramasser, entre autres, les filets, la corde et les plastiques de couleur utilisés par les agriculteurs», annonce-t-il.
Bref, la récupération des plastiques de ferme se développe à un bon rythme, au fur et à mesure qu’elle s’ancre dans les habitudes des agriculteurs; un gain direct pour l’environnement…