Depuis 23 heures mardi soir, les 335 employés de l'usine Aleris spécialisée dans la transformation de l'aluminium sont en lock-out pour une durée indéterminée
Photo, L'HEBDO JOURNAL
Le début de la fin pour les travailleurs d'Aleris?
La compagnie décrète un lock-out pour une période indéterminée
Les 335 employés de l'usine Aleris du secteur Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières ont eu une bien mauvaise surprise lors de la fête du Canada. Mardi soir, vers 23 heures, la direction de l'usine de transformation d'aluminium a mis la clef dans la porte et a interdit l'accès aux travailleurs pour une durée indéterminée.
Cette mesure est conséquente au rejet de la part des travailleurs, dans une proportion de 61,7 %, d'une proposition de l'employeur américain. «Le plan des dirigeants est inacceptable. À l'origine, on nous demandait des concessions salariales de l'ordre de 5,2 M$ et le nombre d'employés passerait de 335 à 244. Avec les négociations et grâce à flexibilité ainsi qu'à la réorganisation des départements nous avions réussi à récupérer 2,3 M$, mais nous voulions avoir une garantie à propos de l'avenir de l'entreprise à Trois-Rivières. Toutefois, selon l'employeur, ce n'est pas assez», déplore Daniel Goyette, président du syndicat STT de l'aluminium du Cap-de-la-Madeleine affilié à la CSN. M. Goyette était d'avis que, même si le vote de refus semble serré, il est plus que satisfaisant en raison de l'incertitude qui plane dans la région.
Les concessions
Le plan présenté par l'employeur était loin de réjouir les syndiqués d'Aleris. Dans l'ensemble, le document présentait des coupes au niveau des avantages sociaux, des salaires, des primes, des congés mobiles et des congés fériés tout en demandant aux travailleurs de contribuer en partie au régime d'assurances collectives. «On dirait que les emplois dans le domaine de la transformation de l'aluminium ce n'est plus pour le Québec. Pour ma part, je crois qu'au Québec on sait bien faire les choses et qu'il n'y avait absolument rien qui justifiait le lock-out», laisse entendre Gilles Dubuc, président du Conseil central du Coeur-du-Québec de la CSN et employé d'Aleris.
Les réactions
Chez les employés, on s'attendait à une réaction de la sorte de la part de l'employeur. En attendant que le conflit de travail se règle, les syndiqués auront droit, à partir du 18 juillet, à des prestations de 215 dollars par semaine de la part de la CSN.
«C'est une moitié de surprise. Après le vote, on s'attendait un peu à quelque chose de la sorte. On va voir ce qui va arriver dans les prochaines semaines», explique Claude Duval, employé de l'usine depuis 34 ans.
«On s'en attendait. Les Américains sont revenus dans le décor et c'est leur façon de faire», déclare Alain Mélançon, employé de l'usine depuis 33 ans.
La suite
Vendredi, le syndicat convie les travailleurs à une assemblée dont les principaux points seront de définir les règles de piquetage et la prise de position à propos d'un vote de grève.
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