La météo donne des maux de tête aux producteurs de la Mauricie
L’été s’annonce désastreux pour la plupart des producteurs de la Mauricie. Les caprices de Dame nature nuisent grandement à l’état des cultures et affectent le travail aux champs.
«Il est encore difficile d’estimer l’étendue des dégâts dans la région, mais la situation s’annonce critique. Si la pluie persiste, nous devrons essuyer des pertes très considérables cette année», s’inquiète le vice-président de la Fédération de l’UPA de la Mauricie (FUPAM) et président du Syndicat des producteurs de bovins (SPBM), M. René Perreault.
Une fenaison laborieuse
Si les mois de juin, juillet et août sont habituellement synonymes de fenaison pour plusieurs producteurs de la Mauricie, il en n’est rien cette année. La première fauche de foin a débuté le 12 juin à cause du mauvais temps. Selon un bilan de La Financière agricole du Québec (FADQ), seulement 15 % des superficies étaient récoltées en date du 2 juillet, alors qu’habituellement la première coupe est déjà terminée. Cela constitue un retard important par rapport à la période habituelle.
Bien que la quantité s’annonce supérieure à la moyenne, c’est la qualité qui ne sera pas au rendez-vous. « Il y a beaucoup de foin à récolter dans les champs, mais le sol n’est pas assez sec pour le faire. On ne peut pas prendre le risque de s’enliser avec la machinerie. De plus, il faut comprendre que même si nous avions quelques jours de beau temps, ce ne sera pas suffisant pour rétablir la situation. La terre, qui est saturée en eau, devra s’assécher avant que l’on puisse récolter. Le fourrage serait donc de moins grande qualité cette année et tous les producteurs de la région en payeront le prix », poursuit M. Perreault.
Les fourrages destinés à l’entreposage en foin sec qui subissent des intempéries, perdront en qualité. C’est pourquoi, les propriétaires de cheptels devront ajouter davantage de suppléments dans la nourriture des animaux afin de la rendre plus nutritive.
Perspectives céréalières 2008
Du côté des céréales, la situation n’est guère plus encourageante. Sur le territoire mauricien, la partie est accuse un retard de 7 à 10 jours et on estime de 3 à 7 jours pour la portion ouest.
« Le problème cette année se situe surtout au niveau des maladies fongiques qui sont causées par des champignons provenant d’un excès d’humidité. Le blé d’automne, que l’on a commencé à récolter par exemple, contient un niveau de toxines plus élevé. La qualité du maïs-grain sera également compromise », explique un producteur de cultures commerciales, M. Mario Lamy.
Indemnisations à prévoir
Le vice-président de la FUPAM veut laisser savoir aux producteurs qui auront à demander une indemnisation que la Fédération régionale suit la situation de très près. « Nous ferons les interventions nécessaires s’il y a lieu auprès de La Financière agricole pour faire avancer le dossier », indique René Perreault.
Les étés de plus en plus mauvais sont-ils attribuables aux changements climatiques? Quoi qu’il en soit, il est fort à parier que les producteurs de la Mauricie auront à faire face à des situations semblables dans l’avenir.