L'âne porte une attention toute particulière aux enfants. Lorsqu'il les porte, sa vigilance est accrue et il dépose ses sabots comme sur un tapis moelleux, en toute douceur.
Des ânes thérapeutiques
La plupart des gens attache une image négative à l'âne. Souvent associé à l'expression «Têtu comme un âne», cet animal revêt un caractère pourtant bien différent de la réputation qui lui est véhiculée.
Pierre Lesieur possède des ânes depuis 2003 à sa ferme de Saint-Maurice. Cette passion pour cet animal peu connu lui est venue lorsqu'il a vu l'âne de son père – qu'il possédait depuis 1999 – démontrer une sensibilité inattendue envers les humains.
Présentement, il possède six ânes, comptant un nouveau-né et un autre prévu pour janvier. Ce sont d'ailleurs des ânes géants, une espèce rare surtout au Québec. «En plus d'être très intelligents, curieux et affectueux, les ânes géants nous donnent la possibilité de les atteler et de les monter. Si on sait comment si prendre avec eux, il peut y avoir une interaction fantastique», explique M. Lesieur.
Pour une troisième année, cet ânier organise une activité assez particulière avec la Maison Grandi-Ose, de Trois-Rivières. En effet, il reçoit environ 35 jeunes handicapés à sa ferme, et pendant toute une journée, il leur fait découvrir les ânes et éprouver leurs bienfaits. «De par leur nature, les ânes sont sensibles aux contacts humains. Leur attention, leur curiosité, leur calme et leur patience s'amplifient en présence de personnes handicapées et il en résulte des moments magiques.»
L'âne possède des caractéristiques distinctes qui lui permettent de transmettre quelque chose de particulier et de bien. Contrairement à l'humain, il parle toutes les langues, réelles ou imaginaires. Ainsi, simplement par le ton de la voix, il pourra discerner la crainte, la peur ou le bien-être de la personne.
Pour la Maison Grandi-Ose, cette journée est très importante et très thérapeutique pour les jeunes. «Pierre Lesieur est notre bon samaritain, en accueillant ces jeunes, il poste un geste d'une grande générosité», affirme Dorothée Leblanc, directrice de la Maison.
Dans une autre optique, M. Lesieur considère que le fait d'accueillir chez lui des personnes handicapées permet à sa fille et à sa famille de s'adapter, de vaincre les malaises que les gens peuvent avoir. «Au début de la journée, ce sont des personnes handicapées, et à la fin de la journée, ce sont simplement des personnes», ajoute-t-il.
Ce que M. Lesieur fait avec la Maison Grandi-Ose s'apparente beaucoup avec l'asinothérapie, utilisée en Europe. L'asinothérapie est une approche dans laquelle l'âne est le support principal. Grâce à ses nombreuses vertus, il est un partenaire très coopératif avec une faculté évidente de participation. En effet, l'âne est un animal très calme, tendre, affectueux et patient.
«Cette approche n'est ni miraculeuse ni curative, elle sert seulement de médium auprès de personnes handicapées physiquement ou intellectuellement. La thérapie permet à ces gens de tisser un lien affectif avec un animal doux, affectueux et tolérant. Elle leur offre aussi la possibilité de retrouver certaines émotions perdues ou enfouies, d'oser les exprimer tout en apprenant à mieux les contrôler», raconte-t-il.