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Pierre Bouchard monte au front

Le président de la RGMRM fait le point sur différents dossiers

Bernard Lepage par Bernard Lepage
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Article mis en ligne le 10 octobre 2008 à 16:33
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Pierre Bouchard monte au front
Pierre Bouchard, président de la RGMRM. Photo L'Hebdo/Bernard Lepage
Pierre Bouchard monte au front
Le président de la RGMRM fait le point sur différents dossiers
Pierre Bouchard s'était juré en revenant sur la scène municipale en 2005 qu'il se consacrerait dorénavant exclusivement à sa tâche de maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.
Le voilà aujourd'hui au milieu des tirs nourris de Trois-Rivières en tant que président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) à la suite de la démission de Pierre A. Dupont il y a une dizaine de jours.

Comme nouvelle responsabilité, Pierre Bouchard convient qu'il y a beaucoup mieux à assumer par les temps qui courent. Mais l'ancien préfet de la défunte MRC du Centre-de-la-Mauricie n'a jamais craint de monter au front et c'est avec toute son expérience politique qu'il entend ramener la barge de la RGMRM à bon port.

En entrevue avec L'Hebdo, il a bien voulu donner son point de vue sur plusieurs questions abondamment évoquées dans l'actualité régionale depuis quelques semaines.
À propos des dépassements de coûts de 4 millions$ dans le dossier Savoura?
PB: Il y a eu des maladresses dans ce dossier mais ce ne fut jamais à cause d'un manque de bonne volonté. Il ne faut pas oublier au départ que les décisions ont été prises sur la base d'une étude d'ingénieurs qui évaluait l'investissement à 2,5 millions$. En allant en appel d'offres, la seule soumission reçue était à 14 millions$. Nous avons donc décidé d'y aller à l'interne mais comme c'était un projet sans précédent, on a dû quelquefois de prendre des décisions sans toujours être certain avec les conséquences qu'on connaît aujourd'hui. J'étais d'accord pour qu'une étude fasse la lumière sur le dossier mais pas de la façon dont Trois-Rivières a orienté la sienne. C'est pour ça que nous avons commandé notre propre analyse à la Régie.
À propos de la place de Trois-Rivières au conseil d'administration de la Régie?
PB: 67% des revenus de la Régie proviennent des clients extérieurs et 33%, de nos membres. Trois-Rivières contribue pour environ 50% des revenus provenant des membres. Si vous faites le calcul, ça fait 16 ou 17% du budget total. On est loin de 50% des votes demandés! Je rappelle également que le maire Yves Lévesque a signé un protocole il y a quelques années où il reconnaît le principe de la double majorité au conseil d'administration.
À propos de l'augmentation du tonnage des deux lieux d'enfouissement sanitaire?
PB:Saint-Étienne-des-Grès a une limite de 200 000 tonnes et Champlain, 100 000. Nous avions des réserves sur ces quantités mais nous les avons acceptées à la demande de Trois-Rivières qui voudrait même enfouir plus de déchets. Nous refusons parce qu'il faut aussi respecter nos partenaires que sont les citoyens et les élus de ces deux municipalités.
À propos de l'usine de méthanisation?
PB:Le projet de 90 millions$ et de 800 000 tonnes évoqué depuis quelques mois est enterré! On va analyser le dossier en recommençant à zéro. J'y crois encore par contre parce que le compostage à grande échelle est un procédé qui n'est pas rentable. Il y a une obligation de Québec de traiter ces matières mais le gouvernement devra lui-même revoir ses échéanciers car il y a seulement 250 000 foyers au Québec qui ont accès à ce service. Quant à l'intérêt de Shawinigan et de la MRC de Maskinongé à accueillir ce projet, ça me rassure et ça me sécurise parce que ces années-ci, c'est plus le syndrome pas dans ma cours qui règne.
À propos du projet de Nutra Canada à Champlain*?
PB:Le projet continue malgré les ennuis qu'on a connus avec Savoura. On a signé un protocole mais on a appris de nos erreurs. L'entente prévoit maintenant que le biogaz qu'on va fournir sera le même avec lequel nous étions prêts à alimenter Savoura en février 2008 mais que celui-ci a refusé comme le lui permettait son contrat.
À propos de la route d'accès menant au site de Champlain?
PB:C'est l'un des deux projets prioritaires pour la Régie, avec le projet de méthanisation. Là aussi par contre nous reprenons le dossier à partir du début. Un règlement d'emprunt devait être voté en juillet mais on oublie tout ça. Il n'est pas question d'avancer des chiffres pour l'instant et de se faire torpiller sur la place publique. Je crois par contre que c'est une question de bon sens compte tenu du tonnage important que reçoivent les citoyens de Champlain. On va raffiner nos études et on va revenir avec quelque chose de plus précis.

*Nutra Canada compte s’installer au lieu d’enfouissement pour une période de 23 ans, avec une option de renouvellement pour une période additionnelle de 17 ans. L’entreprise pourra alors vendre des biogaz servant à alimenter une usine de séchage et d’extraction de fruits, de légumes et de plantes médicinales.

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