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Quand l’Afrique débarque dans la région

Des agricultrices reçoivent des Africaines pour un stage

Andrée-Anne Trudel par Andrée-Anne Trudel
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Article mis en ligne le 10 octobre 2008 à 14:32
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Quand l’Afrique débarque dans la région
Halima Tiousso et Claire Désaulniers Photo L'Hebdo/Andrée-Anne Trudel
Quand l’Afrique débarque dans la région
Des agricultrices reçoivent des Africaines pour un stage
Halima Tiousso a quitté la terre de Nogaré et sa famille pour venir près d’un mois au Québec. Elle ramène au Niger des méthodes d’agriculture canadiennes dans ses valises.

Claire Désaulniers et Alphonse Pittet, de la Ferme Pittet de Saint-Tite, n’ont pas hésité une seconde à lui ouvrir les portes de leur ferme laitière.
L’échange est chapeauté par l’Union des producteurs agricoles (UPA) Mauricie. Chaque année, une délégation africaine débarque dans une région du Québec pour s’accoutumer avec l’agriculture de chez nous. Cette fois-ci, pour une première fois, la délégation était entièrement composée de femmes.

Halima Tiousso en faisait partie. Tout comme 13 autres agricultrices de l’Afrique de l’Ouest, elle a participé à plusieurs rencontres d’informations sur le fonctionnement de l’UPA, sur l’histoire et la géographie du Québec, sur les mises en marché, la place des femmes dans l’agriculture, etc.

Son séjour s’est concrétisé par une immersion totale dans l’agriculture québécoise à la ferme de Saint-Tite.

Bien que des milliers de kilomètres séparent leur ferme et que les agricultrices font face à des réalités bien différentes, Claire Désaulniers et Halima Tiousso ont des préoccupations similaires. Les concepts de souveraineté alimentaire et d’achat local ont été discutés dès les premiers instants où Halima séjournait dans sa famille d’accueil.

En plus de discuter sur les méthodes et préoccupations propres à chaque pays, Halima Tiousso a pu réellement plonger dans l’agriculture mauricienne.

Durant toute une semaine, elle a travaillé à la ferme laitière de sa famille d’accueil. Dans son village, les réalités sont dissemblables. Les moutons, vaches et chèvres qui appartiennent à sa grande famille vivent dans des aires de pâturage communautaire. Le troupeau est d’abord élevé pour la subsistance de la famille et les surplus – environ 20% - sont revendus. Un berger s’occupe du pâturage et quitte plusieurs mois chaque année pour permettre au troupeau de s’alimenter loin des terres appauvries et des dunes de sable.

«On ne peut pas rester au stade traditionnel, il faut que les choses évoluent. On est à l’ère de la mondialisation et il faut se moderniser. C’est avec cela qu’on va atteindre la souveraineté alimentaire. Pour pouvoir contrecarrer les produits des autres pays, il faut produire plus», explique-t-elle.
Des connaissances applicables
Halima Tiousso pourra définitivement dire que son périple en sol canadien aura été bénéfique. L’agricultrice nigérienne a entre autres appris qu’une production importante de lait relève également de l’alimentation et de la génétique.
«Ici, une vache produit entre 45 et 60 litres de lait par jour. Chez nous, elle produit entre 8 et 12 litres», compare Mme Tiousso.

Lors de son séjour chez la famille Désaulniers-Pittet, Halima notait tout ce qui pouvait lui être utile lors de son retour chez elle, comme des noms de médicaments pour ses bêtes.

Les compétences qu’elle a développées en Mauricie serviront définitivement en Afrique de l’Ouest. «Je ne peux pas appliquer tout ce que j’ai vu ici dans mon pays, mais il y a des choses que je peux faire, comme le contrôle de la production. On donne des numéros pour suivre la production de l’animal», ajoute-t-elle.
Au-delà de l’agriculture
L’échange de l’UPA aura permis d’acquérir des expériences qui vont, certes, au-delà de l’agriculture. Claire Désaulniers a pu discuter de sujets comme la religion musulmane, la vie des femmes nigérienne et plus encore avec sa stagiaire.
Quant à Halima, la géographie du pays l’a impressionné. «Ma première surprise a été l’environnement. La nature les a gâtés beaucoup! Il y a aussi les fermes. Elles sont spacieuses, grandes et modernes. Ce sont deux mondes très différents», explique-t-elle.

Halima Tiousso ne cache pas son envie d’accueillir à son tour Claire Désaulniers et Alphonse Pittet chez elle.

«Ils m’ont fait voir la forêt, moi je veux leur faire voir le désert!», lance-t-elle. Reste à voir si les Désaulniers-Pittet sont prêts pour l’aventure!

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