- COMMENTAIRE - Carnet de campagne IV
Parlons des vraies affaires
Non sans raison, les électeurs ont souvent l'impression que les campagnes électorales fédérales sont abstraites, qu'elles ne parlent pas vraiment des problèmes quotidiens.
La guerre en Afghanistan, l'économie mondiale qui chambranle, le concept de nation québécoise. Tout ça c'est bien intéressant (vraiment?) mais qu'est-ce que ça mange en hiver, dites-le-moi. Non, pour revenir sur le plancher des vaches, il aura fallu que la Coalition contre le bruit au lac à la Tortue entre dans la mêlée.
Rarement les candidats à un scrutin fédéral n'ont été confrontés aussi directement à un dossier autant tangible que celui-là. Étant donné que la décision d'interdire ou de contrôler les vols d'hydravion est de la responsabilité de Transports Canada et que le verdict est imminent, difficile pour les candidats de Saint-Maurice/Champlain de se défiler. Et puis lorsqu'on a un interlocuteur coriace comme Me Claude Gélinas (photo) devant soi, le défi est double.
On s'entend que pour des candidats qui sont, disons-le, discartés avant même le scrutin, être pour la vertu ne porte pas vraiment à conséquence. Que Jean-Yves Laforest nuance sa prise de position précédente sur le sujet ou que Stéphane Roof refuse de signer la pétition de la Coalition, ce n'est pas vraiment étonnant. Non la vraie nouvelle dans ce débat aurait été que Ronald St-Onge Lynch et Martial Toupin donnent leur appui à Aviation Mauricie et Bel-Air Aviation. On aurait alors appelé ça du courage politique.
En retour de quoi, les deux transporteurs auraient pu leur promettre de faire de la réclame publicitaire avec leur hydravion en traînant derrière eux des banderoles portant l'inscription Votons Ronald ou Votons Martial.
Cinq semaines de célébrité
Icône du Pop Art, Andy Warhol a dit un jour: Dans le futur, tout le monde aura son quart d’heure de célébrité. Pape des accommodements raisonnables au Québec, André Drouin, de Hérouxville, nous l'a prouvé à l'hiver 2007 lors de son passage à Tout le monde en parle. Par contre, Ronald St-Onge Lynch est en train lui de démontrer que les 15 minutes peuvent tout aussi bien durer cinq semaines.
Avec les 1200$ dans les coffres de son association de comté qui lui ont été remis en début de campagne, le candidat libéral est certainement celui qui en a eu le plus pour son argent au niveau de la visibilité.
Sans aucune affiche, ni publicité dans les médias, Ronald St-Onge Lynch a éveillé la curiosité – puis la sympathie - de plusieurs depuis le début du mois de septembre. CBC s'est penchée sur son cas, TVA également et il a été reçu par Denis Lévesque, sur les ondes de LCN. À faire rougir d'envie Laforest et Roof et leur machine.
Jeudi dernier, même le président du Parti libéral du Canada section Québec, Robert Fragasso (photo) est venu à Shawinigan pour l'aider dans sa campagne. En entrevue à L'Hebdo, Me Fragasso a affirmé que par sa détermination qui compense pour les maigres moyens mis à sa disposition, M. Lynch St-Onge est un exemple à suivre pour tous les autres candidats au Canada.
Reste à savoir si le capital de sympathie se traduira dans les urnes. La réponse mardi soir…