L'ABC du partisan à la sauce américaine
Dans le sport, la plupart des équipes adorent disputer des rencontres à leur domicile en raison de l'ambiance partisane qui règne dans la place. Toutefois, en voyageant dans différentes villes au Québec et aux États-Unis, il ne fait aucun doute que le sentiment d'appartenance envers les formations locales est passablement différent.
Au Québec, la popularité du Canadien de Montréal connaît un regain d'énergie depuis quelques années et des milliers de partisans de la Sainte Flanelle n'hésitent pas à s'afficher ici et à l'étranger. Par contre, il n'en a pas toujours été ainsi. Rappelons-nous que dans les saisons de misère où le Tricolore bataillait faiblement pour une place dans les séries éliminatoires, on avait peine à voir un chandail bleu blanc et rouge.
Plus près de chez nous, à Trois-Rivières, malgré une université qui s'illustre au plan sportif avec les Patriotes et des équipes championnes dans différentes disciplines, les partisans sont timides et n'appuient les formations que du bout des doigts. Rien à voir avec ce que l'on peut observer du côté du pays de l'Oncle Sam.
Pour les Américains, la fierté de supporter un club sportif ou son alma mater, on l'affiche ouvertement et sans aucune gêne. Partout on pouvait apercevoir des gars et des filles avec le nom ou le logo de leur université sur leur chandail.
Prenons par exemple le football. Dans les «tailgates», la fête commence de bonne heure. Barbecues, structures gonflables, jeux, mâts de drapeau, génératrice, camion avec téléviseur à écran géant intégré à l'intérieur, bref tout est là pour faire de chaque partie locale une immense fête. Quant aux partisans à proprement dit, la grande majorité arbore les couleurs de son équipe. Ces derniers font de chaque rendez-vous un événement unique dont l'amateur occasionnel se rappellera toute sa vie.
Voilà la réalité dans laquelle j'ai été plongé lors de l'avant-match de la rencontre entre les Raiders d'Oakland et les Buccaneers de Tampa Bay lors du dernier week-end d'activité de la saison régulière dans la Ligue nationale de football. Comme on pourrait le dire au hockey, la présence du sixième joueur, on la sent vraiment.
Les Américains ont peut-être bien des défauts, mais certainement pas celui d'avoir le sens du spectacle, ni le manque d'appartenance à leur patrie, à leurs institutions scolaires ou tout simplement à leurs équipes sportives.