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Crise des abattoirs: «Les producteurs sont pris en otage»

Annabelle Laberge par Annabelle Laberge
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Article mis en ligne le 9 février 2007 à 15:30
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Crise des abattoirs: «Les producteurs sont pris en otage»
Jean-Guy Vincent est le président du Syndicat des producteurs de porcs du Centre-du-Québec, qui s’est inquiété cette semaine de la situation critique des producteurs au cœur de cette crise des abattoirs.Photo Le Courrier Sud
Crise des abattoirs: «Les producteurs sont pris en otage»
30 000 noms sur une liste d’attente. Nous sommes dans le secteur de la santé? Non, dans celui du porc, où des milliers de bêtes qui devraient être abattues depuis des semaines sont toujours chez les producteurs. Sans compter la crise chez Olymel, qui devrait encore compliquer les choses. Les producteurs en ont assez et se disent pris en otage.
«Juste pour le Centre-du-Québec, il y a déjà 2000 à 3000 porcs qui «refoulent» dans les porcheries, à cause du conflit chez Atrahan à Yamachiche. Au Québec, on parle de 30 000 bêtes. C’est dur, ça représente environ 10% de la production. Si on devait atteindre 30% ou 40%, ça deviendrait dramatique», affirme Jean-Guy Vincent, président du Syndicat des producteurs de porcs du Centre-du-Québec.

Réunis plus tôt cette semaine en séance spéciale de gestion de crise, le conseil d’administration du syndicat s’est inquiété des conflits actuels et des annonces de fermeture dans les abattoirs du Québec.

«On est pris en otage dans un conflit qui est hors de notre contrôle. Les producteurs pensent qu’il y a une responsabilité de la part des employeurs et des employés d’abattoir. Ils ne sont pas dans une «shop» de meubles, où on peut faire le dernier bureau demain matin et mettre la clé dans la porte après. On travaille avec du vivant. Les porcs qui sont élevés chez les producteurs, il faut qu’ils soient abattus. On ne peut pas les entreposer jusqu’au moment où on en aura besoin», illustre M. Vincent, qui affirme du même souffle que ces porcs en attente font perdre beaucoup d’argent aux producteurs.

«Les producteurs sont payés selon une grille de classement su la qualité et le poids du produit. Ce n’est pas à notre avantage que les bêtes attendent plus longtemps avant d’être abattues parce que quand les porcs sont trop pesants, ils sont déclassés. Les producteurs y perdent beaucoup au change», explique le président du syndicat régional.
Le marché envahi par les Américains
Comble d’ironie, au moment même où l’industrie locale du porc est en crise, le consommateur n’aura jamais trouvé sur les tablettes autant de porc. Pourquoi? Parce que la hausse du dollar canadien a eu pour effet de réduire l’écart qui favorisait autrefois les producteurs du pays et a facilité la venue de la viande américaine dans nos épiceries.

«18% du porc qu’on trouve sur notre marché local vient des Etats-Unis alors qu’il y a un an il n’y en avait pas. C’est un changement énorme et ça ne va pas aider notre industrie», s’inquiète M. Vincent.

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