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Quelque 55 000 emplois ont disparu au Canada en juillet

Presse Canadienne Article mis en ligne le 11 juillet 2008 à 0:00
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OTTAWA - Le marché de l'emploi canadien a connu de sérieux ratés en juillet, cédant 55 000 emplois, sa pire performance mensuelle depuis la récession du début des années 1990.
Le taux de chômage a cependant reculé à 6,1 pour cent en juillet, contre 6,2 pour cent en juin, mais uniquement parce que plusieurs personnes - particulièrement les jeunes - ont cessé de chercher un emploi, a précisé Statistique Canada.
Pour certains analystes, il s'agit là d'une nouvelle preuve que l'économie est en ralentissement.
"L'économie canadienne est clairement en perte de vitesse, en réponse au ralentissement des Etats-Unis et à la récente remontée du dollar canadien", a estimé Michael Gregory, de BMO Marché des capitaux.
La publication de ce rapport décevant a fait perdre plusieurs plumes au dollar canadien, qui a reculé de 1,28 cent US à 93,69 cents US, près de son plus faible niveau depuis la fin août dernier.
Selon le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, le rapport sur le marché de l'emploi n'est pas "une bonne nouvelle pour les travailleurs et leurs familles, et je tiens à les assurer que je partage leurs inquiétudes".
"Le Canada subit l'impact de facteurs économiques mondiaux qui sont au-delà du contrôle d'un seul gouvernement ou individu", a précisé le ministre Flaherty dans un communiqué.
"Par contre, les facteurs fondamentaux de notre économie demeurent solides. Notre marché du travail a fait mieux que celui des États-Unis: depuis le début de l'année, plus de 70 000 emplois ont été créés au Canada, alors que les États-Unis en ont perdu plus de 463 000."
Selon Avery Shenfeld, de Marchés mondiaux CIBC, la tendance de l'affaiblissement de l'économie apparaît plus clairement depuis peu.
"Quiconque lit les journaux est bien au courant de la pluie de fermetures d'usines et des annonces de rationalisation, et les données de Statistique Canada témoignent finalement de cette réalité", a-t-il noté.
Selon lui, les pertes ont été amoindries par une hausse du nombre d'emplois autonomes, mais des tendances de ce genre ne rapportent pas beaucoup.
Le président du Congrès du travail du Canada, Ken Georgetti, a estimé que les chiffres de juillet représentaient une catastrophe pour les familles travailleuses déjà accablées par la hausse des prix de l'essence, des aliments et d'autres produits essentiels.
"Ces nombres sont vraiment estomaquants. Le Canada n'avait pas subi de perte d'emplois de cette envergure depuis 17 années, quand il était en pleine récession."
"Depuis la même date l'année dernière, nous avons perdu 88 000 autres emplois manufacturiers. En plein coeur de l'été, nous voyons des gens abandonner complètement le marché du travail."
La plupart des pertes d'emplois sont survenues dans le travail à temps partiel et se sont concentrées dans les secteurs de la fabrication, les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutien, ainsi que dans les services d'enseignement.
Le Québec, l'Ontario, la Saskatchewan et l'Ile-du-Prince-Edouard ont toutes perdu des emplois.
L'emploi au Québec a reculé de 30 000 et le taux de chômage y a grimpé à 7,4 pour cent. En Ontario, 19 000 emplois ont disparu en tout, mais le taux de chômage a malgré tout reculé à 6,4 pour cent, par rapport à 6,7 pour cent, compte tenu qu'un total de 42 000 personnes se sont retirées du marché du travail.
Les emplois du secteur de la fabrication ont continué à disparaître en juillet. L'Ontario a perdu 41 000 emplois dans ce secteur, tandis que l'Alberta en a ajouté 7000.
Au cours de la dernière année, le nombre d'emplois manufacturiers a reculé de 88 000, et presque toutes ces pertes ont eu lieu en Ontario.
Seule l'industrie de l'hébergement et des services de restauration a enregistré une croissance notable de l'emploi à travers le pays en juillet, avec une hausse de 22 000 emplois.
La croissance de l'emploi a fortement ralenti cette année, les gains mensuels atteignant en moyenne 10 000 emplois, comparativement à une création moyenne de 30 000 emplois par mois en 2007.
Voici le taux pour les provinces du pays. Le taux du mois précédent figure entre parenthèses:
-Terre-Neuve 13,3 (13,1)
-Ile-du-Prince-Edouard 10,6 (10,1)
-Nouvelle-Ecosse 6,7 (7,6)
-Nouveau-Brunswick 8,8 (9,7)
-Québec 7,4 (7,2)
-Ontario 6,4 (6,7)
-Manitoba 3,8 (4,1)
-Saskatchewan 4,4 (4,0)
-Alberta 3,6 (3,3)
-Colombie-Britannique 4,4 (4,5)Voici le taux pour les grandes villes du pays. Le taux du mois précédent figure entre parenthèses:
-Saint-Jean, Terre-Neuve et Labrador 7,7 (7,8)
-Halifax 5,5 (5,4)
-Saint-Jean, N.-B. 6,3 (6,1)
-Saguenay 8,9 (9,4)
-Québec 5,0 (4,9)
-Trois-Rivières 7,9 (8,6)
-Sherbrooke 5,6 (5,6)
-Montréal 7,5 (7,6)
-Gatineau 4,8 (5,5)
-Ottawa 5,1 (5,4)
-Kingston 6,4 (6,0)
-Toronto 7,0 (6,7)
-Hamilton 5,5 (6,0)
-Kitchener 6,2 (5,6)
-London 7,0 (7,4)
-Oshawa 6,6 (7,4)
-St. Catharines-Niagara 7,0 (7,3)
-Sudbury 5,3 (5,6)
-Thunder Bay 6,5 (6,5)
-Windsor 9,0 (8,3)
-Winnipeg 4,2 (4,1)
-Regina 3,8 (4,1)
-Saskatoon 4,5 (3,9)
-Calgary 3,3 (3,2)
-Edmonton 3,7 (3,7)
-Abbotsford 4,2 (4,3)
-Vancouver 4,1 (4,1)
-Victoria 3,2 (3,0)
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