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L'Hebdo Mékinac des Chenaux
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Un abattoir accommodant envers les ethnies

Bernard Lepage par Bernard Lepage
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Article mis en ligne le 23 mars 2008 à 8:48
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Un abattoir accommodant envers les ethnies
Les frères François (à gauche) et André Lafrance en compagnie de leur père Marcel. Une quatrième génération est maintenant à l'emploi de l'entreprise familiale avec l'embauche récente de Marc-André, fils de François. (Photo Archives L'Hebdo Mékinac Des Chenaux)
Un abattoir accommodant envers les ethnies
Alors qu'Olymel ferme ses installations et négocie à la baisse les conditions de ses travailleurs, Abattoir Lafrance investit 2,5 millions$ pour se relocaliser dans l'ancienne entrepôt Molson, dans le parc industriel du secteur Grand-Mère, à Shawinigan.
Cette réussite à contre-courant, explique François Lafrance, est exclusivement redevable à un audacieux virage négocié envers les communautés ethniques de la région de Montréal. Il y a cinq ans, dans la psychose de l'après 11 septembre où le Québec découvre non sans inquiétude son côté multiculturel, la famille Lafrance se fait avant-gardiste en établissant ses premiers contacts avec la communauté musulmane de la métropole.

Aujourd'hui, l'abattoir du petit village de Saint-Séverin est une référence pour les principaux imams montréalais. «On a commencé à leur fournir les pieds et les estomacs et de fil en aiguille, on en est venu à mieux se connaître. Leur culture a été une découverte pour moi aussi», révèle François Lafrance qui dirige avec son frère André l'abattoir fondé il y a près de 80 ans par son grand-père Louis.

En fait, tout le secret réside dans la méthode d'abattage des bêtes. Le rite halal est incontournable chez la communauté musulmane et chez les Lafrance, on a appris à être sans compromis sur les demandes du client. «Bâtir un nom, c'est long. Le démolir, ça ne prend qu'une journée», aime à répondre François sur le sujet.

Aujourd'hui, Abattoir Lafrance est le seul dans l'industrie québécoise à être «certifié» 100% halal. Deux musulmans sont à son emploi et l'établissement a «banni» le porc de ses installations. Bœufs, veaux et agneaux sont abattus jour après jour alors que leur regard pointe vers l'est, en direction de la Mecque. 50 000 bêtes par année transitent ainsi dans leurs installations, principalement de l'agneau dans une proportion de 70%.

En fait, trop à l'étroit à Saint-Séverin, Abattoir Lafrance a atteint le seuil maximum de ses opérations. «On doit refuser les commandes», explique-t-il. La relocalisation à la fin du mois de mars à Grand-Mère permettra justement à l'entreprise de poursuivre son offensive envers les communautés ethniques.

Dans une moindre mesure que les musulmans, les Grecs et Italiens font déjà partie de leur carnet de commandes mais la communauté juive représente un marché fort alléchant pour la famille Lafrance, d'autant plus que la viande casher qu'elle consomme est à peu de chose près identique à l'halal. «On va y aller étape par étape comme on a toujours fait jusqu'à présent», prévient toutefois François Lafrance.

Dans ses nouvelles installations où travailleront leurs vingt-cinq employés, Abattoir Lafrance composera avec des équipements neufs, une salle d'abattage deux fois plus grande, des réfrigérateurs trois fois plus spacieux. «On se donne trois ou quatre mois pour se rôder comme il faut puis après, on pensera à prendre de l'expansion.»

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