La recherche et le développement en essor dans le domaine de la production porcine
Le 5 juin 2008, à l’occasion de l’assemblée générale d’information du Centre de développement du porc du Québec inc. (CDPQ), Lyse Grenier-Audet, présidente du Centre, a tracé un bilan des activités du Centre très positif et fort prometteur.
Mme Grenier-Audet affirme que « Malgré les restrictions financières connues il y a trois ans, le CDPQ a réussi à développer et intensifier son volume de recherche et de développement et à répondre ainsi de façon plus étroite aux besoins du secteur porcin. D’une part, ne serait-ce que par rapport à l’année précédente, le Centre a plus que doublé le nombre de projets de recherche qu’il conduit avec la contribution de ses partenaires, soit 24 projets de R-D autorisés par le conseil d’administration en 2007-2008 comparativement à 11 projets en 2006-2007. La valeur de ces projets s’élève à 5,25 millions de dollars. D’autre part, les résultats de ces projets auront une portée importante sur le développement du secteur, une portée permettant de conserver la compétitivité du secteur ».
Retombées de la R-D sur la compétitivité
Bien que le Centre ait développé une expertise multidisciplinaire depuis sa création en 1992, on peut évoquer deux champs d’activité dans lesquels les travaux du CDPQ ont un impact important sur les fermes porcines, dans le contexte économique actuel, à savoir : la santé et gestion/économie.
Santé
Les deux dernières années ont été catastrophiques pour le secteur porcin québécois en raison des pertes causées par le virus du syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP), des pertes qui atteignent chaque année 150 millions de dollars pour le secteur porcin nord-américain. Les pertes dues à l’infection persistante au SRRP dans les troupeaux naisseurs et finisseurs varient de 6,25 à 15,25 $ US par porc.
Pour aider les producteurs à faire face à ce grave problème sanitaire, le CDPQ a testé cette année en conditions expérimentales un filtre dont la fibre contient des antimicrobiens afin d’aider à réduire ou éviter la transmission aérienne du syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP). Les résultats se sont avérés concluants et le filtre est présentement testé à la ferme. Ce filtre constitue donc un outil fort prometteur pour les producteurs.
Ce projet fait d’ailleurs partie d’un plan d’action filière en santé animale porcine, un plan à l’intérieur duquel plusieurs projets du CDPQ se grefferont dorénavant.
Reconnu par le milieu pour son expertise et son dynamisme, le CDPQ a été sollicité par un partenaire afin de collaborer à un programme de vaccination régionale innovateur pour contrer le syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP) dans la région de Beauce.
En collaboration avec d’autres partenaires, le Centre met à profit son expertise en génétique porcine pour améliorer le statut sanitaire des troupeaux porcins québécois. En effet, une équipe étudie présentement comment on peut utiliser l’amélioration génétique des porcs pour augmenter leur résistance aux maladies.
Gestion/Économie
Depuis les dernières années, le Centre a intensifié ses travaux afin de mieux soutenir les producteurs en ce qui concerne la gestion à la ferme, un moyen d’augmenter directement la compétitivité du secteur. Les projets suivants en constituent quelques exemples :
- Implantation de la comptabilité de gestion informatisée, testage et transfert d’un plan comptable spécifique chez les producteurs de porcs
- Développement de méthodes d’analyses spécifiques des principaux postes de dépenses en production porcine
- Développement d’un outil de comparaison de coût de production à l’échelle nord-américaine
- Développement d’un outil d’information sur l’environnement économique des marchés en production porcine
Soutien des partenaires
Si une précieuse expertise a été développée au fil des années au CDPQ, il convient de rappeler que c’est grâce au soutien indispensable de ses partenaires. En effet, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) soutient le Centre depuis ses tout premiers débuts. Mme Lyse Grenier-Audet confirme les intentions du MAPAQ pour l’avenir : « Au CDPQ, le fait marquant de l’année est certes l’engagement financier à long terme de ses principaux partenaires afin de supporter financièrement les activités du Centre. En effet, le conseil d’administration a entériné une nouvelle convention avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour une période de cinq ans. Le Centre recevra du ministère 6,450 millions de dollars pour cette période, c’est-à-dire de 2008 à 2013 ». Ceci constitue une augmentation de 7,5 % comparativement à la dernière convention, preuve de l’importance qu’accorde le MAPAQ à la R-D pour améliorer et conserver la compétitivité du milieu.
La présidente du CDPQ souligne également l’investissement important d’un autre partenaire du CDPQ : «Par ailleurs, la Fédération des producteurs de porcs du Québec a confirmé sa contribution de 700 000 $ pour chacune des trois prochaines années, en autant que le niveau de production se maintienne au-dessus de 6,5 millions de porcs annuellement». Dans l’un des pires contextes économiques que connaissent les producteurs, cet appui appréciable de la FPPQ démontre également l’espoir que fondent les producteurs envers les développements de la R-D pour conserver leur place sur les marchés.
Le CDPQ : également une référence pour plusieurs secteurs agricoles
Par son expertise multidisciplinaire, non seulement le CDPQ est-il devenu une référence pour le secteur porcin, mais il dessert depuis quelques années d’autres productions animales, telles que les productions ovine, bovine, caprine, cunicole et la production de salmonidés. L’expertise développée en prises de mesures (aux ultrasons, en qualité de la carcasse ou de la viande, ou autres) en amélioration génétique, et l’expertise liée aux bases de données, fait du CDPQ une référence utile à plusieurs secteurs de la production agricole. En effet, les autres secteurs agricoles recourent de plus en plus aux services du Centre, ce qui lui permet de consolider et de faire évoluer son expertise.