Louise Villeneuve de la ferme La Cueille à Saint-Étienne-des-Grès utilise depuis une quinzaine d'années le mode de culture sous abri. Photo, L'Écho de Maskinongé
Des «primeurs» dans nos assiettes
La culture sous abri, de plus en plus populaire chez les producteurs maraîchers de la Mauricie
Dans les prochaines semaines, le public pourra se procurer en kiosque des fruits et légumes de la Mauricie dans une période prématurée de la saison. Les serres sont bien connues, mais saviez-vous que d'autres solutions permettent de hâter les cultures pour anticiper les récoltes et faire durer le plaisir de cultiver? En effet, la culture sous abri, qui connaît un essor spectaculaire en Europe depuis les dernières années, est maintenant de plus en plus populaire chez les producteurs maraîchers de la Mauricie.
Plusieurs se sont probablement déjà interrogés en roulant en voiture près d'un champ à quoi servent les immenses bâches de plastique qui recouvrent le sol. La culture sous abri est un procédé qui consiste à placer un paillis de plastique ou une bâche à plat permettant de créer l'effet d'une mini-serre. Cela favorise considérablement le réchauffement de la terre et, par le fait même, la croissance de végétaux. C'est ce qui explique pourquoi on retrouve du maïs ou des fraises de la région quelques semaines avant le début de la saison. De plus, bien que ce soit des fruits ou des légumes hâtifs, le goût n'est nullement influencé.
Par temps froid, le gain de température du sol permet la continuité de la croissance des plants, malgré un climat plus rigoureux à l'extérieur. La précocité obtenue grâce à la culture sous abri se situe dans une fourchette d'une à deux semaines selon les espèces et les conditions climatiques par rapport à un témoin non couvert.
Cette technique permet entre autres d'amorcer la saison plus rapidement, au grand plaisir des consommateurs et de plus, en étant couverts, les plants sont moins vulnérables aux insectes et aux maladies. Cela peut aussi être une façon efficace de réduire les mauvaises herbes.
Une technique en transformation
Convaincus de l'efficacité de cette méthode, les producteurs maraîchers de la Mauricie qui ont appliqué le mode de culture sous abri voient encore plus loin dans l'avenir. En effet, on pourrait bientôt voir se hisser dans les champs de petits tunnels de plastique. La culture sous tunnels permettrait de gagner encore une ou deux semaines de plus et prolonger la saison plus tard à l'automne.
Pour Louise Villeneuve de la ferme La Cueille à Saint-Étienne-des-Grès, la culture sous abri est pour elle une technique qui lui permet d'accélérer le principe de mûrissement pour avoir des primeurs et le développement de la culture au printemps. Mme Villeneuve utilise pour ses champs deux types de bâches. La bâche tissée qu'elle utilise plus spécifiquement pour le maïs et la bâche multi trouée qui est quant à elle un peu plus efficace pour le réchauffement.
«Depuis environ 15 ans que j'applique le mode de culture sous abri. Dès que la neige est entièrement fondue, on s'affaire à étendre les bâches dans les champs pour avoir davantage de chaleur au niveau de nos cultures afin d'avoir des fruits et légumes le plus tôt possible. De plus, lors des nuits plus froides, elles protègent les plants contre le gel. Les gens sont contents de manger des fraises tôt en saison par exemple.»
En primeur cet été, le public pourra alors déguster des fruits et légumes de plusieurs maraîchers en Mauricie. Si vous apercevez d'immenses bâches blanches, dites-vous qu'il se fait de la culture sous abri par ici.