C'est que la commission scolaire de l'Énergie se voyant dans l'obligation par le gouvernement de couper dans les budgets afin de répondre aux exigences de restructuration budgétaire à sabrer dans deux organismes visant l'aide aux décrocheurs soit le C.A.F.E. et la Maison Familiale Rurale (MFR) de Maskinongé.
Ces coupes affectent la survie des deux organismes. Le 27 mai dernier, les jeunes apprenaient la "restructuration" du C.A.F.E. Un terme mal choisi de leurs aveux. «Ce qui me dégoûte, c'est ce mot», déclare l'un d'entre eux. Le 1er juin, ils apprenaient qu'ils retourneront dans leur école de provenance : l'école secondaire des Chutes, Val-Mauricie ou le Centre d'éducation des adultes.
Pour la majorité d'entre eux, ces anciennes institutions ne correspondent plus à ce qu'ils cherchent maintenant et c'est pour cette raison que la plupart se sont retrouvés au C.A.F.E. «Être ici m'a redonné confiance en moi», «j'ai raccroché grâce au C.A.F.E.», «Même mes relations familiales ont changés depuis que je suis ici», voilà autant de raisons qui les poussent à l'initiative.
Par ailleurs, la totalité des sept jeunes raccrocheurs qui ont été interrogés à la suite de la conférence a affirmé sans équivoque et à contrecœur qu'ils ne retourneraient pas sur les bancs d'école advenant la fermeture. «J'ai arrêté de consommer grâce au C.A.F.E. Ça m'a apporté de la lumière. J'avais quelque chose de bon dans ma vie. Je suis allé en thérapie grâce à cette école. Ça m'a sauvé la vie et tout va bien maintenant. Ma phobie, c'est de retourner où j'étais et de retomber dans mes vieilles habitudes, appréhende un jeune homme. Ici, j'ai des gens qui me supportent et ils ne veulent pas que je rechute. Je suis fier de ce qui se passe ici.»
Au-delà de tout, écouter ces jeunes c'est de comprendre que le C.A.F.E. est bien plus qu'une école pour eux. C'est une famille. Une famille qu'ils ne veulent pas voir disparaitre demain matin. «Je ne peux pas concevoir ma vie sans le C.A.F.E.», «fermer le C.A.F.E., c'est détruire notre famille, nos amis, c'est tout perdre!»
Une mère d'un élève a profité de l'occasion pour glisser un mot. Elle aussi la voix étranglée par l'émotion. «C'est déplorable que nous n'ayons pas été informés. Les parents vous appuient à 100%. On met toujours les jeunes de côté, j'espère qu'ils prendront le temps de les écouter.»
Toute la population est invitée à appuyer les jeunes du C.A.F.E. en signant leur pétition. (Centre Jeunesse de Shawinigan, Centre Roland-Bertrand, boulangerie Tous les jours Dimanche et à la Maison Tradition de Saint-Mathieu-du-Parc). Celle-ci sera déposée le 21 juin à la Commission scolaire.
D'ici ce temps, les jeunes n'ont pas l'intention de baisser les bras. «C'est notre initiative et nous ne voulons pas que le C.A.F.E. ferme. Nous allons faire tout ce que nous pouvons.»
